Dossier de presse samedi 3 février 2007 Le musée Fabre rouvre ses portes… Montpellier Agglomération, donner du s ens à l’av enir. Le musée Fabre rouvre ses portes… Entrez dans l’un des plus beaux musées d’Europe Après quatre années d’un chantier majeur pour l’Agglomération, considéré comme l’un des plus grands chantiers muséaux de France, le musée Fabre est enfin rendu aux Montpelliérains, aux habitants de l’Agglomération, de tout le Languedoc-Roussillon, et bien au-delà. Tant, en effet, ce nouveau musée est digne de figurer aux rang des grands musées européens. Tous les soins ont été apportés à la réalisation de ce nouvel écrin pour la peinture mais aussi la sculpture ou encore le dessin. Le résultat est spectaculaire. Et pourtant, que de difficultés techniques ont dû résoudre les architectes. Les Bordelais Lajus, Pueyo, Brochet et le Montpelliérain Nebout, choisis pour mener à bien cette rénovation, ont fait preuve de talent et d’intelligence pour repenser ce bâtiment complexe, pétri d'histoire, et valoriser avec tant d’élégance et de justesse un patrimoine d'exception, enfin restitué dans toute sa cohérence et sa diversité. Entre histoire et modernité, le musée Fabre entraîne le visiteur dans un voyage dans le monde des arts à travers les siècles. L’édification d’une nouvelle aile a également permis de créer une ouverture sur l'art contemporain. Notamment à la faveur de la donation exceptionnelle que nous a fait Pierre Soulages : 20 toiles ainsi qu’un prêt de 12 autres tableaux. C’est unique ! Autre signal de modernité, La Portée de Daniel Buren, un cheminement graphique réalisé en marbre et en granit, conduit le visiteur depuis l’Esplanade jusqu’au sein du musée. C’est donc entièrement repensé et métamorphosé que le musée Fabre ouvre à nouveau ses portes, doté de toutes les fonctionnalités d’un musée moderne : centre de documentation, auditorium, espaces multimédia, librairie-boutique, restaurant… Les chefs-d’oeuvre du musée Fabre dans leur nouvel écrin ont regagné la place qu’ils méritent, celle d’une des toutes premières collections des Beaux-Arts en France et en Europe. Cette politique culturelle, nous la cultivons depuis une trentaine d’années, ce nouveau musée en est une nouvelle illustration. Car l’on juge les hommes à leurs actes. Cette politique est une des clés de la réussite de Montpellier, de son rayonnement international, de sa vitalité économique. Et du bonheur qu’elle procure à chacun. Bienvenue au musée Fabre ! Georges Frêche Président de Montpellier Agglomération, Président de la Région Languedoc-Roussillon. www.montpellier-agglo.com ©RK Le Studio Sommaire 1. Un des plus grands musées de France p. 4 1.1 Un projet culturel ambitieux 1.2 Un musée de dimension internationale 2. Coût, financement et intervenants p. 7 3. Un projet architectural ambitieux p. 9 3.1 Histoires d’architecture 3.2 De plain-pied avec la ville 3.3 Tout en liaisons subtiles 3.4 Jusqu’à l’écrin de lumière 3.5 Mises en lumières et couleurs 3.6 Les architectes 4. La signature d’un artiste d’exception : Daniel Buren p. 15 4.1 A l’origine un appel à candidature publique 4.2 L’oeuvre de Daniel Buren : La Portée 5. Une intense campagne de restauration p. 18 6. A la découverte des collections du musée p. 19 6.1 Le parcours ancien : XVIe – XVIIIe siècles 6.1.1 Les collections nordiques : la peinture flamande et hollandaise 6.1.2 La Renaissance 6.1.3 Le XVIIe siècle 6.1.4 Le XVIIIe siècle 6.2 Le parcours moderne : XIXe siècle 6.2.1 La donation Alfred Bruyas 6.2.2 Les différentes salles 6.3 Le parcours contemporain : XXe – XXIe siècles 7. La donation Soulages p. 29 7.1 Pierre Soulages et le musée Fabre 7.2 Soulages vu par Soulages 8. La sculpture du XVIIIeau XXesiècle p. 32 8.1 La période classique : Houdon, Pajou, Canova et Bartolini 8.2 La période contemporaine : la collection Germaine Richier 9. Le cabinet des Arts graphiques p. 34 9.1 Une des plus belles collections françaises 9.2 Les expositions temporaires 10. Les Arts décoratifs p. 36 11. Un important projet de médiation culturelle p. 37 11.1 Un réseau multimédia performant 11.2 Visites guidés et ateliers 12. Le musée c’est aussi… p. 39 13. Un musée accessible à tous p. 41 14. Expositions temporaires 2007-2009 p. 43 15. Un peu d’histoire… p. 45 15.1 La genèse d’un musée d’exception 15.2 Trois grands donateurs montpelliérains 15.3 L’association « Les amis du musée Fabre » 16. Le musée Fabre en pratique p. 50 17. Les financeurs p. 56 - L’état -La région Languedoc Roussillon Le maître d’ouvrage délégué -La Serm Le partenaire -La SNCF www.montpellier-agglo.com 1 Le musée Fabre rouvre ses portes… Un des plus grands musées de France ©RK Le Studio Le 3 février 2007 marque une étape importante dans la vie culturelle de l’Agglomération de Montpellier : le musée Fabre rouvre ses portes après quatre longues années de travaux et de rénovation. L’ambition affichée par Georges Frêche, Président de Montpellier Agglomération, s’est concrétisée avec la réalisation d’un musée moderne à la hauteur de tous les rêves de ses donateurs successifs. Ainsi, les collections bénéficient d’une meilleure visibilité intégrée dans un parcours muséographique des plus performants. Le musée des Beaux Arts retrouve enfin la place qu’il mérite au sein de Montpellier et de son Agglomération. Ce projet de grande envergure a représenté un investissement de 62,7 M€. Inséré au coeur de Montpellier, près du Corum, le 3e palais des congrès de France mais aussi scène incontournable des festivals de Radio France et Montpellier Danse, le musée Fabre conforte la place de Montpellier et son agglomération comme cité culturelle européenne. Car ici, la peinture côtoie les plus grands festivals de danse et de musique. Magnifiée par ce musée au nouveau visage, elle confère à Montpellier une place privilégiée dans le monde des arts. Aux grands noms comme Delacroix, Courbet, Bazille, s’ajoutent désormais celui de Soulages. Car Montpellier et son Agglomération cultivent l’excellence : celle de ces grands artistes, mais aussi des bâtisseurs qui façonnent la ville depuis près de 30 ans, Meier, Fainsilber, Bofill, Chemetov, de Portzampac, mais aussi des designers comme Garouste et Bonetti, Christian Lacroix et Daniel Buren. Le musée Fabre est à l’image de ces noms prestigieux. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 1 Le musée Fabre rouvre ses portes… 1.1 Un projet culturel ambitieux ©RK Le Studio Les architectes Lajus, Pueyo, Brochet (Bordeaux) et Nebout (Montpellier) ont été désignés par l’Agglomération de Montpellier pour mener ce projet architectural de grande ampleur. Ils avaient pour mission principale d’agrandir la surface d’exposition en veillant à restituer l’identité des différents bâtiments qui composent le musée Fabre et édifié un pavillon neuf consacré au XXe siècle. Pari tenu : la surface est portée à 9 200m2, près de 800 oeuvres peuvent être simultanément montrées, soit 300 de plus qu’avant. Ce projet de rénovation vient couronner deux siècles d’existence du musée Fabre. Avant les travaux, les trois strates du bâtiment s’articulaient difficilement, imposant un parcours de visite complexe. Désormais, le musée offre une circulation naturelle entre le Collège des Jésuites datant du XVIIe siècle, le musée Fabre de 1828 installé dans l’hôtel Massillian et les aménagements du XIXe siècle, en particulier la Galerie des Colonnes construite en 1875-1878. Le projet architectural apporte une cohérence entre les édifices d’époques différentes, jusque-là mal connectés, qui retrouvent une unité grâce à un espace d’accueil central permettant des parcours logiques et autonomes. Il valorise tous les éléments patrimoniaux de l’édifice comme la galerie des Griffons, les appartements Fabre, la Galerie des Colonnes, les voûtes monacales et les plafonds à la française du Collège des Jésuites, tout en jouant la carte de la modernité grâce à un jeu subtil d’opposition entre ombre et lumière, noir et blanc, bois et pierre, intime et majesté. Le parcours se déploie ainsi sur plus de 9 200 m2 (sur une surface utile de 12 000 m2) permettant aux visiteurs de traverser avec clarté et élégance les anciennes strates de l’édifice, mais aussi des espaces contemporains comme la nouvelle aile édifiée à l’arrière du musée, parée d’une façade de plaques de verres texturés qui se transforme la nuit en mur de lumière. Le public découvre ainsi un musée entièrement transformé et ancré dans le XXIe siècle. Le musée Fabre constitue, aujourd’hui, un véritable lieu de vie et de culture où le public re-découvre l’importante collection de peintures, sculptures, objets d’art décoratif et dessins dans toute leur splendeur. Deux siècles d’existence ont été retravaillés par les architectes. L’architecture du musée Fabre représente ainsi la jonction entre le passé, le présent et le futur. Les architectes ont conservé une grande partie des éléments architecturaux de l’époque en les intégrant à une architecture contemporaine. La fluidité et la liberté sont les principales caractéristiques de l’ambiance qui se dégage de ce projet architectural de grande envergure. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 1 Le musée Fabre rouvre ses portes… 1.2 Un musée de dimension internationale Brillamment doté par des mécènes éclairés durant tout le XIXe siècle, longtemps à l’étroit dans ses espaces vieillis et peu adaptés, le musée Fabre trouve enfin un bâtiment à la mesure de ses exceptionnelles collections. Magnifié, il s’impose désormais comme une des toutes premières collections de beaux-arts en France et en Europe. Pierre Soulages et Daniel Buren, des artistes de renommée internationale, honorent par leur présence et l’empreinte qu’ils y ont laissé, ce musée au nouveau visage. Le visiteur est accompagné de l’esplanade Charles de Gaulle à l’entrée du musée par l’oeuvre La Portée de Daniel Buren réalisée grâce au 1 % artistique. Puis, le visiteur achève sa visite par les deux salles dédiée à une donation exceptionnelle de Pierre Soulages au musée Fabre. Plus de 30 toiles honorent les murs de ces deux salles où une façade de lumière intégralement constituée de verres texturés diffuse une lumière d’une extrême pureté. Ces collections et ces artistes d’exception confèrent au musée Fabre un rayonnement de dimension internationale. Plus de 2 M € Simon Hantaï… Une politique d’acquisition d’oeuvres soutenue Depuis 2003, Montpellier Agglomération développe une politique d’acquisition d’oeuvres afin de compléter les collections du musée Fabre. d’euros ont été investis dans l’achat de plus de 40 oeuvres d’artistes de renom tels que, Jacques Blanchard, François- Xavier Fabre, Frédéric Bazille, Claude Viallat, Marc Devade, Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 2 Le musée Fabre rouvre ses portes… Coût, financement et intervenants COÛT TOTAL DE L’OPÉRATION 62 713 000 € Financement Communauté d’Agglomération de Montpellier 44 413 000 € État 15 500 000 € Conseil Régional Languedoc-Roussillon 2 800 000 € Décomposé comme suit : Travaux de bâtiment 48 234 000 € Dispositifs de médiation et d’animation 3 328 000 € Equipement mobilier 2 388 000 € Acquisitions foncières 450 000 € Transfert des collections 350 000 € Aménagement des réserves provisoires 989 000 € Fouilles archéologiques 957 000 € Restauration des collections 2 964 000 € Acquisition d’oeuvres 2 053 000 € Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 2 Le musée Fabre rouvre ses portes… Les intervenants Maîtrise d’ouvrage Communauté d’Agglomération de Montpellier Maîtrise d’ouvrage délégué SERM (Société d’Equipement de la Région Montpelliéraine) Maîtrise d’oeuvre • Architectes associés : - Agence Brochet-Lajus-Pueyo (Bordeaux) – Olivier Brochet -Atelier d’Architecture Emmanuel Nebout (Montpellier) – Jérôme Fuzier et Laurence Javal, chefs de projet • Économiste de la construction -EURL Michel Frustié (Nîmes) • BET Structure - SARL SECIM (Montpellier) – André Verdier - BETS (Beziers)–Norbert Aigoin • BET Génie Climatique - BET Daniel Maliver (Palavas) • BET Courants forts et courants faibles - BET Christophe Verda (Marsillargues) • Plasticien lumière - Grandeur Nature (Paris) – François Migeon • OPC - Arteba (Montpellier) –Gilles Gal Les entreprises Lot 3 : Gros-oeuvre : G. F. C Construction / EIFFAGE - Montpellier (34) Lot 4 : Charpente bois, couvertures tuiles et zinc : STRUCTURE BOIS COUVERTURE – Le Crès (34) Lot 5 : Charpente métallique : LANDRAGIN – Nîmes (30) Lot 6 : Étanchéité : SMAC ACIEROID – Castelnau-le-Lez (34) Lot 7 : Ravalement de façades : SBPR – Béziers (34) Lot 8 : Menuiseries extérieures bois : DE LA ROSA – Arles (13) Lot 9 : Menuiseries extérieures métalliques – verrières -murs rideaux : CHIRI – Gemenos (13) Lot 10 : Occultations : ROUSSEL – Paris (75) Lot 11 : Métallerie : ROYNEL – Gradignan (33) Lot 12 : Menuiseries intérieures bois parquets : DE LA ROSA – Arles (13) Lot 13 : Cloisons faux plafonds : SODAC – St. Georges d’Orques (34) Lot 14 : Ouvrages staff – plâtrerie : SORT & CHASLE – Nantes (44) Lot 15 : Revêtements de sols durs et souples : CARRILLO - St. Georges d’Orques (34) Lot 16 : Revêtements pierres : CIMBA – Saint Jean de Vedas (34) Lot 17 : Revêtements de sols résine: 2RAS – Lunel (34) Lot 18 : Peinture – nettoyage final : ATELIER MÉDITERRANÉEN – Mauguio (34) Lot 19 : Ascenseur monte charge : SCHINDLER – Montpellier (34) Lot 20 : Génie climatique – génie sanitaire : TUNZINI AZUR - Montpellier (34) Lot 21 : Courants forts & faibles –éclairage muséographique : MULTITEC – Lattes (34) Lot 22 : Sûreté : SIEMENS/MULTITEC – Castelnau le Lez (34) Lot 23 A : Muséographie : TECNO – Paris (75) et Italie Lot 23 B : Mobiliers dessinés : ARTIS - Paris (75) Lot 24 A: Mobilier : RBC – Montpellier (34) Lot Réfection couverture Sabatier d’Espeyran : FOURQUET – Pérouges (01) Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 3 Le musée Fabre rouvre ses portes… © RK Le Studio Un projet architectural ambitieux En septembre 2002, le musée Fabre ferme ses portes au public, pour quatre années de rénovation et d’extension de ses lieux. C’est aux ateliers d’architecture Brochet-Lajus-Pueyo (Bordeaux) et Nebout (Montpellier) que l’on doit la valorisation de ce patrimoine bâti composite et pourtant d’exception. Lesquels assument pleinement, non seulement la renaissance de l’une des plus grandes collections publiques françaises mais encore son ouverture à l’art contemporain. 3.1 Histoires d’Architecture Sur les remparts de la ville, un îlot complexe, témoin de l’histoire bâtie de Montpellier regroupait, outre quelques immeubles d’habitation, l’église Notre-Dame des Tables, un ancien collège des Jésuites du XVIIe, devenu lycée de garçons, un hôtel particulier – l’Hôtel Massilian du XVIIIe siècle retouché après son acquisition par la ville, en 1825 pour devenir « Musée », et abriter la collection et l’appartement personnel du peintre François Xavier Fabre, ses extensions du XIXe avec notamment la galerie des Colonnes, qui accueillera la donation Bruyas et la bibliothèque municipale… L’ensemble était disparate et manquait de cohérence. Pour engager la rénovation en profondeur qui s’imposait, un méticuleux état des lieux s’avérait incontournable. Il fut conduit par l’architecte du patrimoine Régis Nebout, et constitua une essentielle base de travail sur laquelle les concepteurs du projet architectural et muséographique, ont pu s’appuyer, certes pour « comprendre » les lieux et en appréhender les volumes comme leurs imbrications, pour Salle Soulages juger des « pièces » essentielles à conserver et restaurer en l’état (escaliers majeurs, colonnes et pilastres corinthiens en stuc et faux marbre, plafonds à la française, fresques et autres frises peintes etc.), mais encore pour engager leur créativité en toute liberté. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 3 Le musée Fabre rouvre ses portes… 3.2 De plain-pied avec la ville De l’enjeu affiché du concours - récupérer la quasi-totalité de l’îlot (à l’exception toutefois de l’église et des immeubles d’habitation) pour étendre le musée Fabre, pour multiplier par 2,5 ses surfaces d’exposition, et développer, voir créer, celles de l’espace d’accueil, des réserves, de l’administration, d’une librairie, d’une cafétéria-restaurant (…) dignes des ambitions portées par la maîtrise d’ouvrage - les architectes ne se sont pas contentés. Ils ont étendu leurs prérogatives et se sont attachés à révéler les enjeux urbains d’une telle opération. Pour asseoir le musée de plain-pied avec la ville, pour qu’il assume le dénivelé entre la rue du Collège et l’Esplanade Charles de Gaulle, et qu’il puisse ainsi garder le contact avec la première tout en s’ouvrant sur la seconde, il fallut creuser… excaver – de près de 6m – les cours Bazille et Bourdon. Sous la première se glisse ainsi le hall d’accueil et sous la seconde la salle d’expositions temporaires. L’accès au musée s’impose donc désormais depuis l’Esplanade. Il est mis en scène par une place généreuse et pour l’essentiel engazonnée - la cour Soulages - cadrée à l’ouest par la façade du collège et au nord par celle de l’ancienne bibliothèque, bientôt recouverte d’une résille végétale. Il est encore souligné par une allée centrale, rythmée par « La Portée » de Daniel Buren qui se poursuit à l’intérieur du bâtiment, traverse le vestibule puis le hall en « s’évanouissant » peu à peu jusqu’à disparaître totalement aux portes de la grande salle d’expositions temporaires. C’est par cette place ainsi créée et mise en relation avec la cour Vien, que sont accessibles « hors douanes », les activités en libre accès du musée – un auditorium, un centre de documentation, des ateliers pédagogiques ouverts aux enfants et adolescents, une librairie- boutique où il fait bon flâner, un restaurant qui peut encore s’étendre sur sa terrasse (…) 3.3 Tout en liaisons subtiles Du hall d’accueil, aux allures de crypte de béton éclairée par des fentes de lumière naturelle, le visiteur peut rejoindre la salle d’expositions temporaires, ou s’engager dans le parcours de la collection permanente. Pour cela, il emprunte l’atrium de liaison – l’ancienne cour intérieure de l’Hôtel de Massilian couverte dorénavant d’une verrière – un grand lieu de lumière, traité à la chaux ; un lieu vide, majestueux qui prépare à la visite. De là, le parcours s’enchaîne parfaitement fluide, traverse les uns après les autres les bâtiments, en raconte l’histoire… en dévoile les atouts d’origine et enfin recouvrés : les proportions des salles, leurs modénatures avec ici les ouvertures demi-lunes, là les verrières, leurs sols avec ici un décor de mosaïques, là des dalles de calcaire des Cévennes. Mais de la complexité inhérente aux enchaînements de bâti, aux boucles successives du parcours, rien ne paraît, tant un soin particulier a été porté à la cohérence de la muséographie comme aux choix de vues cadrées sur l’extérieur. Tout en changeant de lieu, d’ambiance, le visiteur, en effet, se repère en laissant échapper son regard par une fenêtre, en Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 3 Le musée Fabre rouvre ses portes… observant la façade, la cour qui lui sont offertes à la lecture et qui lui permettent instantanément d’en déduire sa position dans l’imbroglio bâti. Par ailleurs, chaque passage d’un bâtiment à l’autre lui est clairement annoncé par un entre- deux, tout à la fois espace de repos, espace média, assumant ici où là les différences de niveaux, intégrant les ascenseurs dédiés aux personnes à mobilité réduite… Un lieu systématiquement traité en lame de bois sombre (du wengué), à l’ambiance plutôt feutrée et intime donc, qui rappelle l’intervention contemporaine sur le bâti et sans lequel le visiteur pourrait être amené à penser qu’ici rien a changé, oublieux des encombrements passés, des greffes disgracieuses supprimées et tout à la pureté des lignes architecturales révélées. Signe encore (et parmi d’autres) manifeste, mais discret de la modernité, les anciennes bibliothèques du collège qui, pour se convertir en espaces d’expositions, ouvrent des lanterneaux, version contemporaine des verrières de la salle des Griffons et dont la lumière diffuse semble faire disparaître les arêtes entre les sols de résine, les murs et plafonds. Ici l’espace se dématérialise pour accueillir les toiles. 3.4 Jusqu’à l’écrin de lumière Signe enfin définitivement ostentatoire de l’intervention architecturale contemporaine, un pavillon de lumière – véritable écrin de verre - en clôture de la Cour Bourdon dit « l’aile contemporaine », qui abrite pour l’essentiel les oeuvres de Pierre Soulages récemment offertes au musée. Sa façade nord, conçue avec l’artiste, dévoile des écailles de verre texturé qui évoquent la singularité de la matière et l’imperfection des vitraux des églises romanes. Comme posées de façon aléatoire sur les étagères d’une immense bibliothèque et derrière lesquelles se glissent les rampes de tubes fluorescents, garants d’un surprenant éclairage nocturne, elles sont encore doublées, côté intérieur par de grands panneaux de verre extra- clair, aux effets « feuilles de calque ». Face à cette double peau luminescente (séparée l’une de l’autre par une lame d’air équipée pour l’entretien des dispositifs verriers), c’est un mur de béton qui se dresse. Entre l’une et l’autre le volume s’impose aérien, l’ambiance « vaporeuse » presque immatérielle, la lumière toujours inattendue car changeante au gré de l’intensité lumineuse extérieure, presque magique, et quoi qu’il en soit, toujours en parfaite résonance avec le noir lumière – ou l’outrenoir – cher à Pierre Soulages. Le pavillon de lumière ouvre encore, rue du Collège, une façade de pierre qui semble reposer sur un niveau de verre, clair cette fois, mais toutefois mis à distance de toute intervention « artistique » des taggueurs et autres nouveaux graveurs sur verre, par une maille en inox qui laisse néanmoins percevoir les oeuvres exposées – et ainsi offerte à la vieille ville. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 3 Le musée Fabre rouvre ses portes… ©RK Le Studio 3.5 Mises en lumières et couleurs La muséographie, confiée aux architectes, n’a cessé d’être confortée par d’étroites concertations avec les concepteurs lumière, avec les conservateurs, avec Pierre Soulages lui-même qui a appuyé les architectes dans leur volonté de révéler un espace baigné de lumière latérale et qui a par la suite participé activement à « l’accrochage » de ses oeuvres… C’est ainsi que la lisibilité du parcours s’enrichit tout à la fois de mises en lumières et en couleurs des salles. Les lumières naturelles et artificielles se sont unies pour devenir les instruments de la valorisation mutuelle entre les oeuvres et les lieux qui les accueillent. L’hétérogénéité des lieux a conduit à mettre en oeuvre des solutions très diverses, avec des plaques de verre diffusantes pour la galerie des Griffons, des puits de lumière pour celle des Colonnes, un plafond suspendu pour les salles voûtées de l’ancien collège, des failles zénithales pour la salle d’expositions temporaires… Les couleurs des murs ont ainsi été choisies pour s’accorder parfaitement avec les tonalités des oeuvres exposées et signifiantes d’une époque, d’une école donnée, avec ici un rouge Esterel, là un brun ou un gris profond … La gamme reste subtile, délicate en parfaite résonance avec le patrimoine bâti, et les collections emblématiques. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 3 Le musée Fabre rouvre ses portes… 3.6 Les architectes Agence Brochet-Lajus-Pueyo (Bordeaux) Olivier Brochet Olivier Brochet, Emmanuel Lajus et Christine Pueyo conjuguent la vigueur créative, une expérience professionnelle multiprogramme et le talent très contemporain de mobiliser, pour chaque projet, les compétences de leur agence et celles de consultants ou de partenaires particulièrement qualifiés et engagés. Les trois associés ont créé leur agence en 1986 à Bordeaux avec, à peine trois ans après leur diplôme, un solide parcours formateur dans des agences parisiennes et bordelaises. Aujourd’hui, leur agence compte vingt-six personnes ; elle se déploie dans une vaste surface d’un entrepôt de la zone portuaire bordelaise dont ils ont assumé la réhabilitation, le hangar G2, au bord du Bassin à flot, un bâtiment rude et lumineux qui accueille de nombreux studios de création, design, graphisme et architecture ainsi que l’agence d’urbanisme de la Communauté urbaine de Bordeaux. Avec le tournant du XXIe siècle, leur agence a connu une orientation nouvelle, l‘équilibre entre des réalisations implantées sur le territoire national et international. Principales réalisations • Lycée professionnel Balata, Guyane française, 2006 • Musée Fabre, Montpellier, 2006 • Musée de l’Orangerie, Paris, 2006 • Conservatoire national de région, Biarritz, 2005 • Médiathèque, Narbonne, 2004 • Médiathèque, Kourou, Guyane française, 2004 • Logements de la ZAC Porte d’Asnières, Paris, 2003 • Logements de la ZAC des Chartrons, Bordeaux, 2001 • Logements de la ZAC Bastide, Bordeaux, 2001 • Trésorerie générale de la Haute-Vienne, Limoges, 2001 • Médiathèque, Pessac, 2000 • Hangar G2, Bordeaux, 2000 • École nationale de la Magistrature, Bordeaux, 1999 • Piscine Tissot, Bordeaux, 1999 • Lycée François Magendie, Bordeaux, 1999 • Logements résidence Yser, Mérignac, 1997 • UFR de droit, Talence, 1997 • CNRS, Talence, 1995 • DRAC Aquitaine, Bordeaux, 1994 • Chambre régionale des comptes Aquitaine, Bordeaux, 1993 • Centre dramatique national, Bordeaux, 1988 Projets en cours • Aménagements urbains du tramway de Bordeaux • Piscine d’Hastignan, Saint-Médard-en-Jalles • Logements de la ZAC Andromède, Blagnac • Hôtel du Département du Lot, Cahors • Îlot F de la ZAC Seguin, Boulogne-Billancourt • Piscine Malakoff, Nantes • Médiathèque, Lormont • Bibliothèque multimédia, Guéret-Saint-Vaury • Pôle intermodal gare Saint-Jean, Bordeaux • Médiathèque, Tarnos • La berge du lac, Bordeaux Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 3 Le musée Fabre rouvre ses portes… Atelier d’Architecture Emmanuel Nebout (Montpellier) L’Atelier d’Architecture, crée par Emmanuel NEBOUT en 1981 à Montpellier, a fêté en 2006 ses 25 ans d’existence. Il a forgé patiemment son expérience et l’acuité de son expertise par l‘attention portée lors de l’exercice de la maîtrise d’oeuvre, aux relations entre le « savoir » et le « faire ». C’est pourquoi, savoir penser et savoir faire sont les maîtres mots de l’Atelier. Cette posture, qui réunit dans le projet, intellectuels et hommes de l’art, cultive les complicités, fonde la pluridisciplinarité des collaborations et témoigne de la formation universitaire d’Emmanuel NEBOUT, Architecte dplg, titulaire d’un DEA de Géographie Urbaine (JP.VOLLE directeur d’études) et d’un DEA de Sociologie Urbaine (P.SANSOT directeur d’études). Elle permet à l’Atelier d’affirmer le rôle social et culturel de l’Architecte et l’implique naturellement dans les problématiques environnementales et territoriales. Cette attitude exclut toute spécialisation et impose d’aborder chaque programme sans à priori. Elle lui permet de traiter indifféremment des questions liées au Paysage, à la Ville et l’Architecture, tant ces préoccupations sont intrinsèquement intégrées à sa culture. L’Atelier a, jusqu’ici, accédé à la commande par la voie des concours publics. Il a pu ainsi livrer de nombreux équipements d’enseignement, sportifs et culturels avec des missions étendues à l’étude des mobiliers, éclairage, signalétique, scénographie exprimant son attention au contexte et aux détails, et ses liens avec le monde de la conception, au sens large du terme. Dans la pratique, l’Atelier regroupe, autour d’Emmanuel NEBOUT, une douzaine d’architectes d’âges et compétences variés, dans ses locaux en centre historique de Montpellier, renforcée par une nouvelle équipe parisienne installée 2 rue Duphot, dans le 1er arrondissement. Emmanuel NEBOUT enseigne la théorie et la pratique du projet architectural à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier. Principales réalisations Projets en cours • Musée Fabre Montpellier 2007 • Musée de l’Homme Paris • Commissariat de Police la Canabière Marseille 2006 • Lycée du bâtiment Riom • Aire de Service le Caylar A75 1995/2006 • Site Transfusionnel EFS Montpellier • 42 logements ZAC La Lironde Montpellier 2005 • Parking souterrain et Esplanade Cahors • Hôtel de Police Palaiseau 2005 • Quartier Nouveau Saint Roch Montpellier • Mairie et bibliothèque Saint Chinian 2004 • Douanes France Andorre Porta • La Cité de la vigne et du vin Gruissan 2003 • Palais des Sports Saint Laurent de la Salanque • Palais de Justice Béziers 2003 • Immeuble ZAC Port Marianne Montpellier • Halles Castellane Montpellier 2001 • Palais de Sports Agde 2001 • Lycée Agropolis Montpellier 2001 • Station de recherche IFREMER IRD Sète 2000 • Ilot vélos Neuilly Plaisance 2000 • Bibliothèque USTL Montpellier 2000 • CBGP INRA Montpellier Agropolis 2000 • Collège Pignan 2000 • Centre de maintenance du tramway Montpellier 1999 • Collège Lodève 1998 • Institut de génétique Humaine Montpellier 1998 • CAF des Pyrénées Orientales Perpignan 1996 • Médiathèque Mauguio 1995 • Conservatoire National de Région Montpellier 1994 • Centre de réinsertion professionnelle Castelnau-le-Lez 1992 Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 4 Le musée Fabre rouvre ses portes… La signature d’un artiste d’exception : Daniel Buren « Je n'expose pas des bandes rayées, mais des bandes rayées dans un certain contexte » Daniel Buren ©RK Le Studio Après Paris, Lyon, Tokyo ou même New-York…, Daniel Buren laisse aujourd’hui une trace de son travail à Montpellier et plus spécifiquement au musée Fabre. Cet artiste, de renommée internationale, honore le musée par la présence de son oeuvre La Portée. Cette oeuvre symbolise la renaissance de ce musée des Beaux Arts transformé en un musée du XXIe siècle qui s’ouvre sur l’art contemporain. Véritable sollicitation, La Portée de Daniel Buren, symbole de modernité, s’impose subtilement au passant comme un irrésistible appel à franchir le seuil du musée Fabre, tel qu’il se présente aujourd’hui. Les célèbres bandes qui naissent dès l’esplanade Charles-De-Gaulle, invitent le futur visiteur à pénétrer dans le musée, guident ses premiers pas puis - en toute générosité - cèdent la place, le laissant cheminer librement et le confiant à d’autres oeuvres, d’autres découvertes, d’autres émotions… « J’ai imaginé une structure en 2 ou 3 dimensions qui jouera avec le décoratif. Une sorte de petite architecture qui devra donner aux visiteurs l’impression d’être dans le musée sans vraiment y être. L’idée est de faire une sorte de tapis que j’ai appelé « La Portée », une oeuvre qui porte le public à la porte du musée. Dans un premier temps, elle partira des pieds des visiteurs, à travers la cour principale, par une succession de losanges et de cercles en granit noir ou de marbre à l’intérieur de grands carrés de 7 mètres de côté. Elle entrera dans le hall du musée en passant d’un plan horizontal à un plan vertical. Nous allons travailler les découpes pour lui donner l’impression de se fragmenter sur les murs et de s’évanouir au fur et à mesure que l’on entre dans le musée. Elle se terminera lorsque les autres oeuvres apparaîtront», confie l’artiste. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 4 Le musée Fabre rouvre ses portes… ©RK Le Studio 4.1 À l’origine, un appel à candidature publique En janvier 2005, Montpellier Agglomération lance un appel à projet pour une commande artistique liée au 1% artistique (A savoir le coût de l’avant-projet des architectes 22,4 M€). Ce projet, inscrit au programme de l’opération de restructuration et d’extension du musée Fabre, doit participer à la visibilité, à l’identité et à la médiatisation de cette institution culturelle majeure dans sa mission d’ouverture et d’accueil des plus larges publics. Le projet défini comme un appel, devra prendre place dans la zone d’accueil du musée, à l’extérieur (cour), et si possible dans son prolongement intérieur (hall). L’oeuvre a pour objectif de renforcer le lien entre le musée et la ville et de le rendre visible. Le jury, après avoir présélectionné 4 projets sur les 37 reçus, a retenu à l’unanimité le 28 novembre 2005 le projet de La Portée proposé par Daniel Buren. 4.2 L’Oeuvre de Daniel Buren, La portée L’oeuvre monumentale de Daniel Buren, réalisée en marbre de Carrare et en granit chinois, accompagne le public jusqu’aux collections. La Portée de Daniel Buren est traversé par 7 espaces différents : 1. La Portée 6 De l’esplanade Charles de Gaulle à la porte du musée Fabre, La Portée mesure plus de 40 m de long et 7m de largeur. Une série de 5 carrés de 7 m de côté figure sur le sol. Le e se faufile à travers la première porte pour s’évanouir dans le premier hall. Tous les carrés sont définis avec des formes géométriques (losanges et cercles alternés). 2. Une porte Celle-ci prend la couleur du carré au sol qui la traverse. 3. Le vestibule Un aplat pourpre couvre le mur est/ouest du vestibule, et un aplat rouge le mur nord/ sud. Les carrés pénètrent dans le hall (plus étroit que La Portée), et débordent en se relevant verticalement sur les murs adjacents. Le dessin est reconstitué non plus en deux mais en trois dimensions. 4. Une deuxième porte 5. Le grand corridor Le tracé initial venant de La Portée reprend toute sa largeur et les carrés leur place au sol. 6. Une troisième porte Même principe que la deuxième. 7. Le grand hall d’entrée La largeur de La Portée est reprise et traverse complètement tout ce grand hall. Les dessins au sol s’évanouissent de plus en plus, jusqu’à complète disparition pour laisser place aux oeuvres du musée. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 4 Le musée Fabre rouvre ses portes… Daniel Buren, un artiste qui façonne l’espace public C’est dans la rue et à la fin des années 60 que La nuit, il au coeur de la ville. Daniel Buren, né en 1938, investit le champ ar tistique. r e c ouvr e clandestinement des panneaux d’affichage publicitaire d’un motif de bandes alternées blanches et colorées d’une largeur invariablement égale à 8,7 cm. Réfléchissant à la répétition systématique d’un même motif, il travaille avec Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni au sein du groupe BMPT. Ses écrits du début des années 70 et ses actes démontrent une pratique et une réflexion artistiques affirmées, des positions politiques et intellectuelles nourries de mai 68. Les oeuvres de Daniel Buren sont toujours conçues en fonction de leur lieu d’accueil et réalisées in situ à l’image de sa création pour le Pavillon français de la Biennale de Venise qui lui valut le Lion d’Or en 1986. Souvent aussi mémorables qu’éphémères, ses oeuvres peuvent ne durer que le temps d’une exposition et seules en témoignent alors des « photos-souvenirs ». On lui doit aussi de nombreuses oeuvres pérennes qui rythment l’espace de leurs bandes alternées de 8,7 cm de largeur. Paris et ses fameuses « colonnes » de la Cour d’honneur du Palais-Royal ou le Parc de la Villette ; Lyon et la Place des Terreaux ou le Parc des Célestins ; ainsi que des réalisations à travers le monde : Europe, Etats- Unis, Nouvelle Zélande, Corée, Chine, Japon… Aujour d’hui, par la v olonté de Montpellier Agglomération, Buren imprime la marque de son travail ©Montpellier Agglomération Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 5 Le musée Fabre rouvre ses portes… Une intense campagne de restauration Parallèlement au projet architectural fondamental, un important chantier de restauration des collections a été entrepris par Montpellier Agglomération tout au long des quatre années de fermeture du musée. Pas moins de 932 oeuvres ont été restaurées pour un montant de 3 millions d’euros financés par l’Agglomération avec la participation de l’Etat de plus de 1 million d’euros. Cette intense campagne de restauration a été conduite par le Centre de recherche et de restaurations des musées de France (C2RMF) et le Centre interrégional de conservation et restauration du Patrimoine (CICRP) à Marseille, en étroite liaison avec le musée Fabre. Plusieurs interventions spectaculaires ont mobilisé des équipes entières de restaurateurs, en contact permanent avec les conservateurs, comme ce fut le cas avec les oeuvres de Coppola, Vien, Restout ou Coypel… Dans de nombreux cas, les campagnes ont apporté des informations scientifiques majeures, en particulier sur des tableaux de Delacroix et Courbet. Cas de figure nouveau, la campagne de restauration a également concerné des oeuvres d’artistes contemporains tel C. Viallat, L. Cane, D. Dezeuze, J. Azemard, N. Dolla… Cette situation atypique présentait l’avantage de pouvoir interroger les artistes sur leur travail et de diriger les restaurations selon leurs conseils. L’intense campagne de restauration menée par le musée a réservé quelques surprises : ainsi lors de la restauration du tableau de Ter Borch, représentant une servante de taverne penchée vers un client assoupi, un autre personnage est apparu en arrière plan de la scène, et en a radicalement changé la lecture. La présence de la servante n’est donc plus bienveillante, elle devient un probable complice de l’homme à la présence inquiétante, tapi dans l’ombre, qui attend de débourser le client enivré. Il est en outre à noter que de nombreux cadres anciens conservés par le musée Fabre ont également bénéficié d’une restauration d’une ampleur unique, particulièrement pour les oeuvres des collections Valedau ou Bruyas… Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 6 Le musée Fabre rouvre ses portes… À la découverte des collections du musée Le musée Fabre, dans sa nouvelle configuration, offre une grande liberté de parcours aux visiteurs, afin de répondre à leurs centres d’intérêt, leurs envies ou leur humeur. Un nouveau type d’approche, facilité par l’accrochage, qui, entièrement repensé, réunit désormais des ensembles cohérents, permet de choisir un parcours de la totalité des collections, chronologique ou thématique, ou de privilégier un accès direct à des salles choisies. 6.1 Le parcours ancien : XVIe - XVIIIe siècles 6.1.1 Les collections nordiques : la peinture flamande et hollandaise Le parcours débute par le département des collections flamandes et hollandaises des XVIe et XVIIe siècles, principalement constituées par la donation Valedau de 1836. Il se déploie dans une ambiance intime autour de l’atrium Richier, éclatant de lumière qui a retrouvé ses proportions d’origine. Malgré la guerre qui ravage le pays, la production artistique est alors remarquable, en particulier à Anvers, où s’impose le génie de Rubens. Le conflit prendra fin avec les traités de Westphalie en 1648, marquant la séparation des provinces du Sud - la Flandre- restées espagnoles et catholiques, d’avec celles du Nord regroupées autour de la Hollande, indépendantes et majoritairement calvinistes. Les Hollandais composent un fonds exceptionnel illustré des plus grands noms de la scène de genre : Dou (La Souricière), Metsu, Van Gabriel Metsu Jeune homme écrivant une let-Mieris (L’Enfileuse de perles), Steen (Comme les vieux chantent, les enfants piaillent), Van tre, vers 1658-1660 Ostade ; du paysage : Van Ruisdaël (Paysage par temps d’orage), Wijnants et Wouwerman © Frédéric Jaulmes (Marché aux chevaux). La nature-morte (Marseus van Schrieck, Huysum), les scènes de chasse (Hondius, Weenix), les vues de ville (Berckheyden), les paysages italianisants (Berchem, Du Jardin…) témoignent de la variété des sujets. Autour des oeuvres de Rubens (Allégorie de l’Autriche catholique attaquée par les Protestants ; Portrait de Frans Francken I) sont exposées des oeuvres baroques flamandes : natures-mortes avec Seghers et De Heem, paysages avec Keirincx, Van der Meulen et Huysmans, tandis que plusieurs tableaux de Teniers montrent la scène de genre flamande à son meilleur (L’Homme au chapeau blanc). Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 6 Le musée Fabre rouvre ses portes… ©RK Le Studio 6.1.2 La Renaissance A partir du premier étage, dans ce qui constituait à l’origine le musée de peintures et de sculptures de François-Xavier Fabre, débute le parcours classique avec une salle consacrée à la Renaissance qui regroupe des oeuvres majeures de Pedro Campaña (Descente de Croix), Allori (Vénus et l’Amour), Cousin (La Charité)… Leurs peintures sont révélatrices des nouveaux mouvements artistiques qui s’amorcent au cours du XVe siècle, en rupture avec les principes fondamentaux de la peinture byzantine et médiévale. Un regard différent est porté sur l’homme et sur le monde que les artistes tentent de traduire par de nouveaux moyens picturaux. En repensant la place de l’homme dans l’Univers, l’humanisme contribue au développement du portrait, premier genre pictural à se laïciser. Parties d’Italie, ces recherches croisent celles des peintres de la Flandre bourguignonne et débouchent sur la Renaissance qui gagne toute l’Europe au XVIe siècle. (Salle du Jeu de Paume) 6.1.3 Le XVIIe siècle A l’image du XVIe siècle, la peinture du siècle suivant est éminemment européenne au musée de Montpellier et reflète les intenses relations entre les écoles nationales, ainsi que le goût de Fabre et de Valedau. Le XVIIe siècle offre une étonnante diversité d’expressions née des particularismes des nations qui composent l’Europe mais aussi des événements politiques et culturels qui s’enchaînent et bouleversent les partis défendus par les générations successives. Ainsi la peinture italienne réunit les tendances ténébriste avec Cigoli, Preti, Bernin, Guerchin (Saint François en extase)…, classique avec Dominiquin (Portrait du cardinal de Bonsy), Dolci… et baroque avec les Napolitains Coppola et Giordano. Et le peintre espagnol actif à Naples, Ribera (Sainte Marie l’Egyptienne), établit le trait d’union avec l’Espagne à travers deux toiles célèbres de Zurbaran (Sainte Agathe, L’Ange Gabriel). Le Vestibule et la salle des Griffons La plupart des tableaux du vestibule ont appartenu à Fabre certainement sensible au caractère précieux de ces petits formats souvent peints sur cuivre ou sur ardoise, pour un fini plus lisse. Quant à la vaste salle des Griffons, créée sous le contrôle de Fabre, elle a retrouvé son volume d’origine (altéré lors d’anciennes campagnes de travaux). La frise néo-étrusque réalisée par Thomas Baroffi, montrant de grands griffons affrontés, a été soigneusement restaurée dans son premier état. Cet espace majestueux reçoit la peinture italienne et française du Grand Siècle : ainsi se font face les chefs-d’oeuvre de Poussin, Vouet, ou La Hyre, Ribera, Guerchin. Ces oeuvres témoignent du maniérisme finissant (Cigoli), de la double influence dominante du réalisme de Caravage (Pretti, Ribera…) et du classicisme des Bolonais (Dominiquin, Cagnacci…). Au fond de la salle l’immense Adoration des bergers attribuée à Giovanni Andrea Coppola illumine l’espace avec ses accords audacieux de jaunes, de gris, de rose et d’orangés. Face aux modèles italiens, la peinture française affirme son altérité à partir d’artistes phares tels Poussin, Bourdon, Stella, ou Blanchard… qui déclinent une infinie variété de tendances (classicisme, italianisme, atticisme…). Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 6 Le musée Fabre rouvre ses portes… Visuel Sébastien Bourdon, L’homme aux rubans noirs, 1657 Huile sur toile, 108x89 cm © F. Jaulmes Parmi les Français qui s’illustrèrent sous Louis XIII et Mazarin, Vouet occupe une place de choix, aux côtés du fougueux montpelliérain Sébastien Bourdon qui aborde tous les genres. Brillant, il intègre les tendances de son époque, se distinguant par une manière empreinte de poésie et une douceur pleine de mélancolie. Deux représentations du Christ mort, situées à chaque extrémité de sa carrière, offrent l’occasion de contempler le chemin parcouru, du talent précoce à la maturité. Formé en Italie, il s’impose rapidement à Paris avec des bambochades telle La Halte des bohémiens qui témoigne de sa science des volumes associée à celle des couleurs. Si les commandes religieuses sont les plus prestigieuses, le Portrait, cessant d’être l’apanage de l’aristocratie, est de plus en plus pratiqué. Bourdon pose le même regard attentif et sensible sur un prince, frère de Charles X de Suède, que sur un notable local, le mystérieux Homme aux rubans noirs, peint lors de son bref retour dans sa ville natale (1657-58). Tenant de Titien et de Van Dyck, il compte parmi les plus beaux portraits français de tout le siècle, si bien que Paul Jamot et Charles Sterling l’avaient sélectionné pour figurer dans la mémorable exposition de 1934 « Les Peintres de la réalité ». 6.1.4 Le XVIIIe siècle : Ranc, Raoux, David, Vien…. Le fonds du XVIIIe siècle est très riche et comporte aussi un ensemble de peintures remarquables : en particulier, les morceaux de réception à l’Académie royale permettent de suivre l’évolution de la peinture d’histoire française. Le passage de l’art du Grand Siècle à l’art rocaille, pendant la fin du règne de Louis XIV et la Régence, se traduit par un intérêt montant pour l’art nordique et la scène de genre chez les montpelliérains Raoux et Ranc. Ranc e Raoux ). Jean Ranc Jean Raoux Jean (1674-1735) Jean Ranc s’est formé chez son père à Montpellier puis chez Hyacinthe Rigaud (1659-1743), portraitiste qui travailla pour Louis XIV puis pour le roi d’Espagne Philippe V. Son chef- d’oeuvre, un des plus beaux du XVIIIsiècle, peint en France vers 1716-1720, est un tableau mythologique inspiré des Métamorphoses d’Ovide : Vertumne et Pomone. La finesse d’exécution, le caractère scintillant des draperies, le goût du détail, le clair-obscur subtil - ainsi le contre-jour du visage de Pomone devant l’ombrelle- évoquent l’art des Hollandais. Jean (1677-1734) Le Montpelliérain Jean Raoux eut une part active dans la diffusion du goût pour l’art nordique. Formé à Montpellier chez Antoine Ranc, le père de Jean Ranc, il part en Italie, où il voit et apprécie les Hollandais. A son retour à Paris en 1714, il s’affirme comme un peintre de genre à la manière nordique. Portraitiste très estimé, en particulier du monde du théâtre, il entre à l’Académie royale et met à la mode la représentation des vestales, le plus souvent en tant que portrait-déguisé célébrant la pureté et la virginité d’une jeune fille ou la fonction de gardienne du foyer d’une dame (Vestale portant le feu sacréVertumne et Pomone, 1710/1720 Huile sur toile, 171x119 cm © Frédéric Jaulmes Pygmalion amoureux de sa statue, 1717 Huile sur toile, 129x97 cm © Frédéric Jaulmes Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 6 Le musée Fabre rouvre ses portes… Galerie des Colonnes A la charnière du XVIIe et du XVIIIe siècle, la peinture évolue également vers des compositions plus gracieuses et théâtrales dont témoignent les toiles monumentales de Coypel provenant de la célèbre galerie d’Enée du Palais Royal à Paris, synthèse entre l’art du Corrège et l’art de Rubens : Enée et Anchise ; La Mort de Didon ; Enée et Achate apparaissant à Didon. ©RK Le Studio Parti très jeune pour l’Italie, Coypel est reçu à l’Académie en 1681, et se montre un défenseur résolu de la couleur de Titien et de la grâce de Corrège. Après le décès du duc d’Orléans, frère de Louis XIV, son fils, le futur Régent, lui demande de décorer la grande galerie élevée par Jules Hardouin Mansart en 1698-1700 au Palais Royal. Cette célèbre galerie d’Enée, malheureusement démolie en 1778, est brillamment évoquée et partiellement reconstituée dans la majestueuse Galerie des Colonnes du musée Fabre. Cette galerie, réalisée en 18751878 pour recevoir la donation Bruyas, et récemment restaurée dans son éclat d’origine (éclairage zénithal, stucs et corniches reconstitués à l’identique), abrite une importante série de morceaux de réception à l’Académie Royale couvrant la période de 1665 à 1759, auxquels se sont ajoutés certains dépôts du musée du Louvre. Sous le règne de Louis XV, la peinture s’affirme dans toute sa richesse, depuis le vénétianisme de Dandré-Bardon (Tullie faisant passer son char sur le corps de son père), la grâce rocaille de Natoire (Vénus demandant à Vulcain des rames pour Enée) et le mysticisme de Restout (Baptême du Christ), en passant par les premières expressions d’un retour vers plus de rigueur et de sévérité avec Trémolières, jusqu’au Néoclassicisme du Montpelliérain Joseph-Marie Vien (Saint Jean-Baptiste ; Saint Denis prêchant la Foi en France, La Famille de Coriolan venant le fléchir et le détourner d’assiéger Rome), initiateur du style en France. Le Néoclassicisme, qui naît dans les dix années qui précèdent la Révolution française, va régénérer la peinture. C’est un des points forts du musée, en raison des goûts de Fabre, en particulier pour Vincent (Bélisaire), les frères Lagrénée, Suvée (Enée dans l’embrasement de Troie) ou David (Le portrait du médecin Leroy ; Le portrait de Philippe-Laurent de Joubert). David occupe une place privilégiée dans la peinture de la fin du XVIIIe siècle. Chef de file du courant néoclassique au détriment de ses confrères et parfois adversaires tel Regnault, il s’entoure d’une communauté de jeunes artistes désireux de renouveler la tradition classique en produisant une peinture aux nouveaux canons esthétiques et moraux, indissociables des bouleversements sociaux qu’allait entraîner la Révolution française. Ainsi Drouais, Fabre, Girodet, Gros ou Gérard suivent ses enseignements. Ce panorama du XVIIIe siècle est enfin complété par d’admirables paysages et scènes de genre de Joseph Vernet (Les Environs d’une foire), Greuze (Le Petit paresseux ; Le Gâteau des Rois), Demarne, Gauffier (Le Couvent de Vallombrosa et le val d’Arno vus du Paradisino), ou Michallon (Paysage avec Philoctète à Lemnos). Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 6 Le musée Fabre rouvre ses portes… 6.2 Le parcours moderne : XIXe siècle Le musée Fabre dispose d’une importante collection de peintures du XIXe, notamment grâce au donateur Alfred Bruyas (1821-1876), passionné et mécène d’exception. Il donna puis légua la majeure partie de sa collection au musée Fabre. Cet illustre montpelliérain fut un collectionneur qui consacra sa vie et sa fortune à réunir l’un des plus fastueux ensembles de chefs d’oeuvre du XIXe. Grâce à Alfred Bruyas, le musée Fabre entre dans l’ère moderne en recevant, en 1868 et 1876, une collection d’oeuvres du XIXe siècle dominée par Delacroix, Géricault, Corot, Courbet. Afin de compléter le fond de la collection du célèbre peintre montpelliérain Frédéric Bazille, Montpellier Agglomération a investi depuis 2002 plus de 1 millions d’euros pour l’acquisition de 2 toiles qui viennent compléter ce fonds précieux et unique de peintures : Ruth et Both et Le bouquet de Narcisse. Le musée d’Orsay et le Musée National d’Art moderne à Paris ont également fait un dépôt exceptionnel d’une douzaine de toiles d’artistes de renom, Renoir, Monet ou encore Chabaud. 6.2.1 La donation Alfred Bruyas Fils d’un banquier, Alfred Bruyas (1821-1877) ne suit pas la carrière de son père et décide de se consacrer aux arts. Prenant très vite conscience des limites de son talent, il décide de mettre sa fortune au service de ses ambitions artistiques, et commence à bâtir une collection en se tournant vers les peintres de son entourage : Glaize, Achille et Eugène Devéria, Cabanel et plus tard, Courbet. Bruyas se signale très vite aux yeux de ses concitoyens par un goût pour le portrait qui le conduira à poser plus d’une trentaine de fois devant les plus célèbres peintres. En tant que mécène, il aime à faire suivre sa signature du qualificatif « nouveau Médicis », preuve de son ambition artistique. Mais cette vie insouciante cesse avec son installation à Paris à l’automne 1849. Attentif au débat artistique, il s’assigne désormais la mission de soutenir, dans l’art de son temps, tout Auguste-Barthélémy Glaize, Portrait d’Alfred Bruyas dit Le Burnous, 1849 ce qui contribue au rétablissement du vrai, et du beau, étape Huile sur toile, 145x116 cm fondamentale pour la réconciliation d’une société divisée et © Frédéric Jaulmes usée par les crises de régime et une paupérisation croissante. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 6 Le musée Fabre rouvre ses portes… ©RK Le Studio 6.2.2 Les différentes salles Le Collège des Jésuites En pénétrant dans les espaces voûtés de l’ancien collège des Jésuites le visiteur entame le début du parcours du XIXe siècle, avec en point d’orgue les chefs-d’oeuvre du Cabinet Bruyas. Il découvre d’abord une salle consacrée à la peinture romantique et historique avec les grands formats de Monvoisin, Rémond ou Delorme. Si le romantisme a longtemps été identifié au nom de quelques personnalités emblématiques - Delacroix, Lamartine, Victor Hugo- la diversité de ses formes en fait, plus qu’un courant, la manifestation du changement profond et de l’expression d’une sensibilité nouvelle qui prend corps vis à vis du classicisme. En recherche permanente de modernité, il exprime aussi la quête de nouvelles sources d’inspiration. La volonté de plonger aux profondeurs de l’âme et des sentiments humains en un voyage intérieur, devient une invitation pour les artistes à sonder les abîmes inconnus de l’esprit et du monde où s’expriment les forces indomptées de la nature. Parmi les artistes romantiques, Delacroix, considéré très tôt comme leur chef de file, est sans doute le plus emblématique du XIXe siècle. C’est à travers l’Orientalisme qu’il répond à cette quête d’un nouvel « ailleurs », offrant un large éventail de représentations où se mêlent exotisme pittoresque, érotisme voyeur (Femmes d’Alger dans leur intérieur) ou vision complaisante d’une soi-disant barbarie (Exercices militaires des Marocains). Salle Cabanel La collection Bruyas se poursuit avec l’image omniprésente du donateur entouré de ses tableaux et de ses amis peintres (Glaize, Tassaert, Couture, Verdier…). Parmi eux, Cabanel, un des plus illustres représentants de l’art académique français du XIXe siècle dont le musée possède une série exceptionnelle d’oeuvres. Montpelliérain originaire d’une modeste famille d’artisans, Alexandre Cabanel eut une carrière exemplaire : pur produit de l’académisme, son parcours est l’illustration la plus achevée des légitimes ambitions que pouvaient nourrir tout artiste intégré au système des Beaux-Arts. Sa production soulève l’engouement d’une clientèle tant européenne qu’américaine, il accumule les honneurs, est nommé professeur de peinture à l’École des Beaux-Arts et membre de l’Institut. A la fin de sa vie, Cabanel fit l’objet de critiques sévères, incarnant le poids des conventions et le manque d’innovation auquel contraint l’enseignement académique. Phèdre fut particulièrement l’objet des plus féroces attaques alors que l’oeuvre était estimée par l’artiste comme l’une de ses plus grandes réussites qu’il offrit au musée de sa ville natale. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 6 Le musée Fabre rouvre ses portes… ©V. Cunillere ©V. Cunillere Salle Courbet Qu’il s’agisse de Glaize, Cabanel ou Delacroix, achetant leurs oeuvres ou les invitant à séjourner chez lui, Bruyas soutint avec sincérité les artistes : au cours de son long séjour parisien (18491854), il se lie avec des peintres, cherchant à réaliser un grand projet social et artistique. Au Salon de 1853, il découvre Gustave Courbet, en qui il trouve un homme engagé dans les mouvements politiques de son temps, qui met sa vision objective au service de l'idée sociale. Il acquiert aussitôt la Fileuse endormie et les scandaleuses Baigneuses. L’amitié qui se noue entre Courbet et Bruyas, confirmée par la commande la même année, du portrait du collectionneur -Solution, réunissant l’artiste libertaire et le mécène utopiste –débouche sur le voyage en Languedoc de l’artiste l’année suivante. Le peintre a trouvé en Bruyas le protecteur qui le libère des exigences du commerce et de l’Etat qui règnent sur la création. Le mécène a rencontré en Courbet l’artiste qui incarne sa conception d’un art contemporain susceptible de faire progresser la société. Universellement célèbres, les Courbet de la collection Bruyas ont beaucoup fait pour la renommée du musée de Montpellier depuis la donation du collectionneur en 1868, de la Rencontre, aussi connu sous le titre de Bonjour Monsieur Courbet, véritable icône de l’art du XIXe siècle français, au Bord de mer à Palavas, élargissement formidable du champ de vision de l’artiste à la veille de la révolution impressionniste. Salle Bazille Dans la continuité des salles Courbet est placé l’espace consacré à un autre montpelliérain Frédéric Bazille (1841-1869), mort à 28 ans à la guerre de 1870. Les dépôts importants du musée d’Orsay (Renoir, Portrait de Bazille, Bazille, Portrait de Renoir, Monet, Trophée de chasse…) contribuent à identifier le musée Fabre comme un lieu de référence pour les débuts de l’Impressionnisme. Aux toiles déjà présentes dans le fonds grâce à la générosité de la famille Bazille sont venus s’ajouter plusieurs achats remarquables réalisés en 2002 et 2004, Petite italienne chanteuse des rues, Jeune homme nu couché sur l’herbe, Bouquet de fleurs et Ruth et Booz, testament artistique de l’artiste en 1870. Frédéric Bazille introduit au musée la modernité en peinture à la veille de la révolution impressionniste, partageant sa vie entre Paris et Montpellier, choisissant ses modèles dans son entourage proche, sa famille et ses amis. Soutenu financièrement par sa famille, il vient en aide à ses amis peintres, rencontrés dans divers ateliers : Renoir, Sisley et Monet auquel il Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 6 Le musée Fabre rouvre ses portes… achète Femmes au jardin. C’est Monet qui l’encourage à travailler sur le motif. Chaque été, Bazille poursuit l’expérience près de Montpellier, et c’est dans le cadre agreste de Méric (la propriété familiale) qu’il peint la Vue de village (Salon de 1869), aboutissement de ses recherches dans le registre de la peinture de plein air ; il tente d’intégrer la figure humaine dans un espace de plein air : la fille du métayer italien de ses parents, ayant revêtu une robe de fête, de mousseline blanche à fines rayures roses, lui sert de modèle. Au loin la rivière le Lez et le village de Castelnau baigné dans la lumière, qui préfigure Cézanne. A Montpellier, il découvre les tableaux du musée Fabre et, chez son voisin, le collectionneur Alfred Bruyas, des oeuvres capitales pour son évolution. La Négresse aux pivoines (1870), dont on notera la sensualité des matières, l’audace des coloris, l’efficacité de la composition, évoque Manet, en particulier Olympia (Paris, musée d’Orsay). Après une salle consacrée à l’Impressionnisme (Caillebotte, Degas, Monet, Morisot), un espace est consacré au rôle de la couleur de 1905 à 1920, autour d’un ensemble déjà constitué au musée (Van Dongen, Friesz, Delaunay, Valadon…) et d’importants dépôts consentis par le M.N.A.M. (Chabaud, Moulin de la Galette, Camoin Portrait de Marquet, Delaunay Portrait d’Henri Carlier, mais aussi Gontcharova, Sonia Delaunay…). Salle Hugo Le parcours moderne rend hommage à l’oeuvre de Jean Hugo, si mal représenté dans les collections publiques. Plusieurs achats et dons importants ont permis de réunir un ensemble significatif de l’oeuvre de cet arrière petit-fils de Victor Hugo, qui, établi à Lunel et remarqué en son temps par le fameux docteur Barnes, fut une figure importante de l'Entre-deux- guerres intellectuelle et artistique. Sa peinture reste singulière dans le panorama artistique de la première moitié du XXe siècle. Si elle évoque souvent certains courants avant-gardistes comme le réalisme magique ou la peinture métaphysique, elle défend une véritable originalité. L’art d’après-guerre, entre abstraction et figuration, se déroule dans les espaces suivants. Ainsi, Ménerbes (1954), réalisé par Nicolas de Staël un an avant son suicide, représente un petit village du Luberon dans lequel le peintre s’est installé ; l’oeuvre traduit, grâce à un travail en pâte et demi pâte et des couleurs froides, l’atmosphère si particulière de cette Provence loin de la mer, où le soleil écrase les teintes vives. Contemporain de Braque, Delaunay, Duchamp, Roger Bissière appartient à la génération des grands aînés de l’art moderne. A l’issue de ses études artistiques, insatisfait d’un travail qui oscille entre figuration et cubisme, il se consacre à la critique d’art, enseigne à l’Académie Ranson et rompt pendant près de vingt ans avec la peinture. Un peu de joie dans beaucoup de tristesse (1960) qui restitue un ensemble de stimulations visuelles, est exemplaire de la seconde partie de son oeuvre, alors que renonçant à la figuration, il se refuse à être abstrait. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 6 Le musée Fabre rouvre ses portes… Maria Elena Vieira da Silva, née en 1908 au Portugal dans une famille cosmopolite et cultivée, arrive en France à l’âge de 20 ans. Elle y suivra brièvement les cours de Bissière et de Fernand Léger ou, à la Grande Chaumière, ceux de Bourdelle où elle rencontrera Germaine Richier. Remarquée par Jeanne Bucher en 1931, elle poursuivra une carrière internationale et sera naturalisée française en 1956. L’Eté, témoigne de son art abstrait et graphique : l’économie de moyens, la tentation du blanc poussent la composition vers un évanouissement dans la lumière, et créent une peinture, fait partie de ses plus belles réussites. 6.3 Le parcours contemporain : XXe - XXIe siècles La fin du parcours est marquée par la présence de célèbres artistes du XXe et XXIe siècles tel que Pierre Soulages, Simon Hantaï ou encore les peintres du groupe Support-Surface. Depuis 2005, Montpellier Agglomération a investit 153 500 € pour l’achat de 5 toiles d’artistes contemporains afin de renforcer sa collection. La dernière acquisition en date est l’oeuvre de Simon Hantaï, MM III datée de 1964 pour un montant de 91 600 €. Cette collection est également marquée par l’empreinte du travail du galeriste Jean Fournier avec qui, le musée Fabre a noué une profonde amitié, mais aussi par l’investissement de l’Agglomération de Montpellier dans l’achat d’oeuvres contemporaines. En octobre 2006, la galerie Jean Fournier a fait don au musée Fabre d’un tableau de Joan Mitchell d’une valeur de 2, 6 M€, l’enchère la plus considérable enregistrée pour l’art contemporain. Simon Hantaï Après des études à l’école des Beaux-Arts de Budapest et un voyage en Italie, Simon Hantaï s’installe en France en 1949 où il est remarqué par André Breton. Proche de l’expression lyrique, il réalise la série des écritures (Sans titre, 1958) et travaille à la mise au point d’une méthode fondée sur le pliage. La toile nouée, peinte, puis dénouée, révèle une composition non maîtrisée où le non-peint a autant d’importance que le peint. Toute l’oeuvre de Simon Hantaï repose sur le balancement entre ce qui est peint et ce qui ne l’est pas (Blanc, 1974). Il joue un rôle clef dans la peinture française d’après-guerre, tant Simon Hantaï, par son oeuvre que par son attitude vis-à-vis du monde de l’art. En mettant Sans Titre, 1958 en avant les enjeux de l’acte pictural, le temps de la création, la place de Huile sur toile, 244x231 cm l’artiste, les interrogations que peindre soulève, il a permis la nécessaire © Frédéric Jaulmes régénération d’une tradition alors singulièrement malmenée. Il occupe une place centrale pour les générations qui ont suivi, et en particulier, celle de Supports-Surfaces. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 6 Le musée Fabre rouvre ses portes… Claude Viallat, Sans titre, 1981 Acrylique sur bâche, 342x204 cm © Jean-Louis Losi © Adagp, Paris 2007 Les peintres du mouvement Supports-Surfaces Créé à la fin des années 60, les peintres du mouvement Supports-Surfaces sont issus pour la plupart du sud de la France, et se sont rencontrés à l’école des Beaux Arts de Montpellier et à l’Ecole nationale supérieure des Beaux Arts. Sous l’initiative de Claude Viallat, ils organisent de nombreuses manifestations en province, souvent dans l’espace public (Impact I, 1966, musée de Céret). Ils rompent avec la posture romantique et marginale de l’artiste, pour mettre en évidence son inscription sociale. Puisant leurs influences dans l’art européen (Matisse) ainsi que dans l’art américain (Newman, Pollock, Rothko), ils s’intéressent au travail de Hantaï, Soulages, Tapiès, Fontana, Debré, de même qu’ils tirent les leçons des avancées des Nouveaux Réalistes. Le groupe se penche sur le statut de la peinture et des oeuvres en tant qu’objets, et dénoncent les surdéterminations économiques et idéologiques de la peinture. Leurs oeuvres se présentent donc comme les produits d’une rupture violente et radicale avec l’art traditionnel, le tableau n’ayant plus désormais à délivrer aucun message et ne devant plus rien représenter d’autre que sa propre réalité matérielle, c’est-à-dire la toile, le pigment et la forme, afin d’approcher au mieux la réalité de l’oeuvre et de retourner aux origines de la peinture. La diversification des supports inaugure une modification de leurs usages (toile soumise au pliage, au froissage, à l’enroulement, au collage.. .), et les procédures de réalisation qui en découlent sont multiples et rudimentaires (brûlure, teinture, tampons). Cette approche matérielle devient le propos même des oeuvres par souci de vérité vis-à-vis du public. L’année 1970 représente un point d’orgue pour le groupe avec la première exposition d’ampleur nationale de ces artistes sous le vocable « Supports-Surfaces » à l’ARC (Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris), à laquelle participent Vincent Bioulès, Marc Devade, Daniel Dezeuze ou Claude Viallat. Par la suite, d’autres artistes se joignent au groupe, Louis Cane, Noël Dolla, Bernard Pagès, Jean-Pierre Pincemin, et des expositions régulières se succèdent jusqu’en 1972 où des dissensions d’ordre idéologique conduisent à la scission du groupe. Le XXIe siècle Les salles qui suivent inscrivent le musée Fabre dans l’actualité du XXIe siècle, avec des oeuvres récemment entrées dans les collections. Figurative, puis abstraite à partir de 1950, l’oeuvre de François Morellet se déploie au confluent de l‘abstraction géométrique, du minimalisme et de l’art conceptuel sous la bannière de l’humour. Sa Défiguration n°22 (2001) est ainsi une réduction drastique à 3 toiles blanches de La Rencontre de Courbet. Claudio Parmiggiani, pour sa part intègre ses peintures dans un univers poétique qui lui est propre. Issu d’une formation classique à l’école des Beaux-arts de Modène, il participe au « Gruppo 63 », un mouvement d’avant-garde réunissant artistes et poètes. Il s’interroge sur la précarité de l’existence et la fragilité de la condition humaine et crée ses premières Delocazione ; après avoir enfumé une pièce, il en retire les objets qui s’y trouvaient, ne les laissant subsister qu’en terme d’empreinte. Ainsi, Sculpture d’ombre (2002), ne propose sur ses étagères que la trace fantomatique de livres désormais disparus. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 7 Le musée Fabre rouvre ses portes… La donation Soulages ©RK Le Studio Un lien particulier unit Pierre Soulages et la ville de Montpellier, à laquelle il témoigne son attachement par la donation au musée Fabre de vingt toiles, de 1951 à 2006. Cet ensemble unique au monde est abondé, à l’occasion de la réouverture du musée, d’un prêt exceptionnel de 12 oeuvres et diverses pièces métalliques de montage. Au total, ce sont 32 oeuvres qui sont exposées sur 600 m2. Selon la volonté du peintre, les deux salles qui lui sont consacrées ne sont pas ordonnées chronologiquement. L’accrochage, organisé par rotations, met en présence des tableaux qui se répondent, dans une oeuvre qui progresse par boucles. Salle Pierre Soulages 7.1 Pierre Soulages et le musée Fabre « Le premier musée où j’ai commencé à regarder vraiment de près les tableaux, c’est le musée Fabre à Montpellier. Il y a là des couleurs qui m’ont fortement impressionné, Courbet, des portraits surtout, L’Homme à la pipe et L’Autoportrait au col rayé (…) je me souviens de Zurbaran, Véronèse. J’allais le voir le plus souvent possible ». A partir de 1977, l’oeuvre de Soulages entre au musée Fabre par le dépôt de la toile 15 août 1956, déposée par le Musée national d’Art moderne. A deux reprises, Montpellier lui rend hommage, à travers une rétrospective (1975) et une exposition Oeuvres récentes 1994-1999. En 1998, la Ville de Montpellier fait l’acquisition de deux importantes toiles pour le musée Fabre, dont le projet de restructuration, en 2000, marque un important tournant : Pierre Soulages fait partie du jury du concours international d’architecture et est associé à la conception du musée. 7.2 Soulages, vu par Soulages Depuis janvier 1979, Pierre Soulages nous donne à voir une peintre radicalement différente de ses travaux passés, la lumière reflète le noir, ce que Soulages appelle le noir lumière, ou mieux encore, l’outrenoir. Le peintre définit lui-même son oeuvre, à travers quelques mots-clef : Outrenoir « J'aime l'autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité. Le noir a des possibilités insoupçonnées et je vais à leur rencontre. Un jour je peignais, le noir avait envahi toute la surface de la toile, sans formes, sans contrastes, sans transparences. Dans cet extrême j'ai vu en quelque sorte la négation du noir. Mon instrument n'était plus le noir mais cette Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 7 Le musée Fabre rouvre ses portes… lumière secrète venue du noir. D'autant plus intense dans ses effets qu'elle émane de la plus grande absence de lumière. Je me suis engagé dans cette voie, j'y trouve toujours des ouvertures nouvelles. » Pour ne pas limiter ces peintures à un phénomène optique j'ai inventé le mot Outrenoir, au-delà du noir, une lumière transmutée par le noir et, comme Outre-Rhin et Outre-Manche désignent un autre pays, Outrenoir désigne aussi un autre pays, un autre champ mental que celui du simple noir1. » Câble « Dans le cas d’une présentation sur câble, le spectateur est plus libre pour confronter les oeuvres (…). Lorsque vous défilez devant la première rangée, vous voyez apparaître, tour à tour, les toiles qui sont derrière la première rangée, puis la deuxième rangée, dans un ordre qui n’est pas fixe, permettant ainsi une confrontation plus libre que celle qu’impose la succession des toiles sur les murs.» Polyptyque « J'avais peint deux longues toiles, la longueur plus de quatre fois la hauteur, avec le désir de provoquer un parcours horizontal du regard. Par curiosité et presque par hasard je les ai superposées, des relations nouvelles et complexes se produisaient. J'ai ajouté ensuite un troisième panneau ; l'impair, en favorisant la toile du milieu, créait une symétrie, une fermeture incompatible avec l'organisation sérielle de ces peintures. Avec le quatrième panneau l'ensemble se mit à nouveau à fonctionner, ouvrant d'autres champs au regard. C'est ainsi qu'est venue la suite de polyptyques superposés commencée en 1985. C'était le choix d'une simultanéité à l'opposé d'une continuité. Décisions qui induisent un rapport au temps et aux sens fondamentalement différents.»2 Monochrome « Mes peintures n'ont rien à voir avec le monochrome. Si l'on trouve que ces peintures sont seulement noires, c'est qu'on ne les regarde pas avec les yeux, mais avec ce que l'on a dans la tête. » 3 Titre Les tableaux de Pierre Soulages portent un titre qui réaffirme la matérialité de l’oeuvre, en indiquant ses dimensions, suivies d’une date : « Le titre, pour moi, c’est la dimension de l’objet. Et je mets toujours aussi une date, de façon à le situer. Je m’arrête de peindre lorsque le tableau atteint l’état où je n’ai plus envie de le toucher. Je le tourne alors vers le mur. Quelques jours ou quelques semaines après, je le regarde de nouveau. Et je me dis « ça va, tel qu’il est, il peut vivre.» 4 1- Pierre Soulages, « le noir, la lumière, la peinture » in Le Noir. Dictionnaire des mots et expressions de couleur XXe-XXIe siècle, Annie Mollard-Desfour, CNRS Éditions, 2005. 2-Chronologie des différentes conceptions des polyptyques, catalogue "Soulages, polyptyques 1979-1992", Maison des Arts Georges Pompidou, Cajarc, Juin 1992 3 - Pierre Encrevé, “ Les éclats du noir ”, entretien avec Pierre Soulages, Soulages, Beaux-Arts Magazine, Hors Série, 1996. 4 - Britina Alvarado et Tatiana Autajon, « Le cadre dans l’abstraction lyrique », in Le cadre et le socle dans l’art du XXe siècle, Dijon, Université de Bourgogne, 1987, p.143-144. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 7 Le musée Fabre rouvre ses portes… Pierre Soulages, peintre de lumière Pierre Soulages, né le 24 décembre 1919 à Rodez, commence à peindre très jeune. A 18 ans, il se rend à Paris et se présente au concours d’admission de l’École nationale des Beaux-Arts. Il est reçu, mais préfère « déserter » : ses meilleurs guides seront les musées, le Louvre, le Petit Palais, l’Orangerie, ainsi que la fréquentation de l’oeuvre de Cézanne et Picasso. De retour à Rodez, il est mobilisé de 1939 à 1941, prépare l’École des Beaux-Arts de Montpellier, où il rencontre Colette Laurens, épousée en 1942, et qui reste la compagne de toute une vie. Il fréquente à loisir les Zurbaran, Campana, Poussin, Courbet du musée Fabre. C’est le début d’une relation toute particulière avec la ville. Ce n’est qu’en 1946 que Pierre Soulages se consacre totalement à la peinture et s’installe à Paris. Ses premières toiles sont abstraites, sombres, faites de plages colorées aux couleurs rompues, de larges traces noires et droites, de lignes fines et claires : tout un système est déjà en place, qui donne à voir en même temps un espace, une forme construite, une lumière, un format investi jusqu’à ses limites. En 1947, il participe au Salon des Surindépendants, et attire l’attention de Francis Picabia et de Hans Hartung. Il rompt avec tout ce qui fait la peinture traditionnelle, dans sa volonté de construire sa propre pratique qu’il contrôle totalement. Son oeuvre connaît une diffusion immédiate : aux États- Unis, Museum of Modern Art, Guggenheim Museum, et de grands marchands tels Sidney Janis ou Samuel Kootz. En France, Pierre-André Farcy lui achète pour le musée de Grenoble Peinture 146 x 97 cm, 1949, première oeuvre à rentrer dans une collection publique française. La galerie Lydia Conti organise sa première exposition personnelle à Paris en 1949, suivie par la galerie Louis Carré, avant que le peintre n’entre à la Galerie de France en 1956. Au milieu des années 50, la peinture de Pierre Soulages est présente dans le monde entier, et occupe une place prépondérante sur la scène française. ©Montpellier Agglomération Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 8 Le musée Fabre rouvre ses portes… ©RK Le Studio La sculpture du XVIIIe au XXe siècle Intégrée à l’ensemble du parcours, la sculpture s’impose au musée Fabre comme un art complémentaire des collections de peinture, dont, pour être comprise, elle ne peut être dissociée. Elle offre ainsi au visiteur une approche complète de la sculpture européenne, de la période classique jusqu’à l’époque contemporaine, et un parcours artistique d’une grande richesse. 8.1 La période classique : Houdon, Pajou, Canova et Bartolini Antoine Houdon (1741-1828) Antoine Houdon Les relations d’Antoine Houdon (1741-1828) avec Montpellier sont anciennes et remontent au L’hiver, 1783 temps de la création de la société des Beaux-Arts (1779). Portraitiste de renom, Houdon occupe une place inégalée dans l’histoire de la sculpture : sa longue carrière préside au développement de la statuaire néoclassique de la fin de l’ancien Régime à la chute du premier empire, abordant tous les genres, des modèles du passé (Diane chasseresse) aux nouveaux canons (L’Ecorché). Plusieurs sculptures exceptionnelles permettent d’évoquer la variété de son talent : le Voltaire assis (récemment restauré), est l’une de ses plus belles réussites. L’Hiver ou La Frileuse (1783) compte parmi les oeuvres les plus populaires de l’artiste. Houdon renouvelle de façon radicale l’iconographie traditionnelle, ce glissement vers plus de naturel, qui effaroucha à l’époque les instances académiques, assura aussi l’incroyable succès de l’oeuvre auprès des amateurs. Augustin Pajou (1730-1709) Membre éminent de l’académie, Augustin Pajou (1730-1709) eut une brillante carrière officielle. Son installation à Montpellier entre 1792 et 1794 fut pour lui une période de création intense où il se consacra presque exclusivement à l’art du portrait. Il y développe une manière sensible et virtuose, vision tendre et amicale de cette société familière de notables, où le réalisme l’emporte sur l’idéalisation de ses modèles (buste de Jean Baptiste Riban). Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 8 Le musée Fabre rouvre ses portes… Antonio Canova (1757-1822) L’Italie est au XVIIIe siècle la source principale du renouveau néoclassique : elle offre un contact direct avec l’art antique que révèle l’archéologie et héberge les théoriciens qui comme Winckelmann voient dans le modèle grec la régénération des arts. Antonio Canova (1757-1822) se fait l’interprète de ce mouvement où la quête d’une beauté idéale prime sur l’expressivité des sujets. Il connut une renommée internationale auprès des cours princières européennes, en particulier celle de Napoléon Ier. Lorenzo Bartolini (1777-1850) Si Lorenzo Bartolini (1777-1850) ne fut pas directement lié à l’entourage de Canova, il eut un rôle important sous l’Empire. Portraitiste officiel du régime, il multiplia les effigies de Napoléon et de la famille impériale : son portrait d’Elisa Bonaparte, soeur de l’empereur, est sans doute le plus célèbre. 8.2 La période contemporaine : la collection Germaine Richier Mais la collection de sculptures du musée Fabre ne s’arrête pas avec l’art classique, elle continue bien au-delà, avec notamment Germaine Richier, dont une salle du musée porte son nom. Installée dès son plus jeune âge avec sa famille à Castelnau-le-Lez, près de Montpellier, c’est à l’école des Beaux Arts que Germaine Richier se forme à la sculpture avant de poursuivre son apprentissage à Paris, auprès de Bourdelle, succédant dans son atelier à Giacometti. Elle y découvre l’art du modelage d’après modèle vivant, qui donne une inflexion décisive à son art. Dès 1929, elle s’installe dans son propre atelier à Paris et y accueille à son tour des élèves dont César. Le Loretto (1934), montré pour la première fois au musée du Jeu de Paume en 1934, lors de l’exposition Les Femmes artistes en Europe, est l’une de ses plus importantes oeuvres de jeunesse : les criantes disproportions du corps y sont au service d’une force expressionniste qui transcende le modèle classique. 1946 s’avère une année exceptionnellement créatrice pour l’artiste, qui achève trois oeuvres majeures : L’Araignée I, La Mante, La Chauve-souris. Dans cette série des Hybrides, démêler la part de l’homme de celle de l’animal est difficile. Parfois inquiétantes, parfois paisibles, ces oeuvres renvoient à l’être humain à ses origines, et traduisent aussi bien la violence des pulsions que la permanence de son inscription dans le cosmos. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 9 Le musée Fabre rouvre ses portes… Le cabinet des Arts graphiques Riche de plus de 4000 oeuvres, le cabinet des arts graphiques du musée Fabre compte parmi les plus belles collections françaises, et propose un large éventail de dessins depuis la Renaissance italienne jusqu’au XXe siècle. 9.1 Une des plus belles collections françaises La collection a été constituée par les dons successifs de François-Xavier Fabre (premier don en 1825), d’Antoine Valedau (suivant son goût pour les scènes de genre et les artistes de la réalité), et Alfred Bruyas. Ces mécènes entraîneront la générosité d’autres amateurs : Jules Bonnet-Mel et Jules Canonge enrichirent à leur tour les collections avec plus de 1500 oeuvres italiennes et françaises. La collection de dessins français des XVIIe et XVIIIe siècles est particulièrement riche, d’autant que le dessin est considéré comme le fondement de l’enseignement académique jusqu’à la fin du XIXe siècle. Le fonds du musée présente un panorama qui va du classicisme de Poussin, Le Brun et Bourdon jusqu’au Siècle des Lumières avec Boucher, Fragonard, Greuze et David. Du don de François-Xavier Fabre, on retient une série exemplaire de dessins néoclassiques réalisés par ses contemporains (Gauffier, Hackert...) ; d’Alfred Bruyas, des feuilles de Millet, Barye ou Delacroix. Le riche fonds italien comprend des oeuvres exceptionnelles de Raphaël, tels que le carton préparatoire de la Madone Tempi et l’Etude d’homme penché pour les Chambres du Vatican, qui a été l’objet de récentes recherches. Mais le musée abrite également une collection de dessins du XXe siècle, avec en particulier la série Jazz de Matisse et la suite des Thèmes et variations (1941) donné par l’artiste. Le fonds d’estampes, riche de 1 000 gravures anciennes, s’est vu augmenté en 1996 d’environ 300 pièces contemporaines issues de l’ancienne Artothèque, qui composent un panorama intéressant de la deuxième moitié du XXe siècle (Asse, Cueco, Jaccard, Alechinski, Boisrond, Kuroda…). En 2006, le musée Fabre a participé à l’exposition Le dessin en Italie XVIIe et XVIIIe siècles, organisée par le musée du Louvre avec six autres grands musées français, qui a révélé des oeuvres d’artistes insignes tels que Giovanni Lanfranco, Guido Reni ou Luca Giordano. Désireux d’exposer cet ensemble remarquable au plus grand nombre, le musée Fabre multiplie les initiatives vers son public et vers l’avenir : grâce au chantier de numérisation des collections, l’ensemble des dessins et gravures sera visible et consultable sur place ou en ligne. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 9 Le musée Fabre rouvre ses portes… 9.2 Les expositions temporaires Février > avril 2007 Hommage à Jules Bonnet-Mel, le paysage français au XVIIIe siècle Originaire de Pézenas, Jules Bonnet-Mel fut l’un des grands bienfaiteurs du musée Fabre. Les 800 dessins qu’il légua au musée constituent l’un des socles du fonds français et italien. Afin d’appréhender l’une des facettes de sa collection, le musée Fabre propose pour sa réouverture un accrochage présentant le goût de l’amateur en matière de paysage. A des feuilles déjà célèbres de la collection comme celles d’Hubert Robert, Charles Clérisseau ou Louis Desprez seront associés des dessins inédits, fruit des récentes études, qui ont permis de révéler en particulier un témoignage exceptionnel de l’art de François Boucher dessinateur. Mai > juillet 2007 Dessins des collections nordiques, XVIIe-XVIIIe siècles (1er volet) Cette présentation de feuilles inédites d’artistes hollandais et flamands évoquera la scène de genre, le paysage mais aussi les grands décorateurs avec Pierre Paul Rubens. Août > octobre 2007 Le dessin Néoclassique en France Novembre > janvier 2008 Dessins des collections nordiques, XVIIe-XVIIIe siècles (2e volet) Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 10 Le musée Fabre rouvre ses portes… © Musée Fabre Les Arts décoratifs L’importante collection des Arts décoratifs du musée Fabre prendra place prochainement dans l’Hôtel Sabatier d’Espeyran. Fermé provisoirement pendant le chantier de rénovation du musée Fabre, il rouvrira fin 2008 après une importante restauration et avec une présentation des collections de céramique qu’abritait l’ancien musée. La donation Frédéric Sabatier d’Espeyran En 1967, Madame Frédéric Sabatier d’Espeyran légua au musée Fabre son hôtel particulier et les collections qu’il abritait, suivant le voeu de son mari, diplomate et grand bibliophile, de contribuer à l’enrichissement du patrimoine de leur ville natale. Sur deux niveaux, cette demeure renferme un ensemble de pièces d’apparat au mobilier et au décor Napoléon III témoignage de la vie luxueuse d’une famille montpelliéraine dans la seconde moitié du XIXe siècle – et les collections de mobilier et d’objets d’arts du XVIIIe siècle provenant de l’appartement parisien de ces grands amateurs. Elle présente plusieurs meubles remarquables estampillés par de célèbres ébénistes (Béfort, Pillot, Delorme, Sené, Bury, Fromageau), des sculptures importantes (Pajou, Bosio...) et plusieurs tableaux (Lebourg, Trouillebert, Stevens...). Ce fonds qui couvre l’art de la faïence et de la porcelaine en Europe du XVIe au XIXe siècle conserve comme ensembles les plus représentatifs, des majoliques italiennes (Urbino, fabrique Fontana, Enlèvement d’Hélène…), des productions de Montpellier (fabriques Favier et Ollivier) et des grands centre du sud-est (Marseille, Moustiers…), des pièces de Strasbourg (Hannong, provenant du don Bazille), Sèvres, Delft et Meissen. Piano Boisselot Originaire de Montpellier, Jean-Louis Boisselot (1782-1847), issu d'une famille de luthiers, il s'installe à Marseille et se lance dans la fabrication de pianos. Il développe en province une manufacture capable de rivaliser avec les plus grands facteurs, comme Pleyel, possédant jusqu'à 150 employés qui sortent chaque année des ateliers près de 400 instruments. Le grand compositeur et pianiste Franz Liszt se lie très tôt avec la famille Boisselot et ne joue plus que sur des instruments de la marque. Le piano exposé allie des qualités musicales indéniables à une ébénisterie raffinée et précieuse, faite de placage d'acajou moucheté et de palissandre, offrant un instrument d'une grande élégance. Son cartouche permet de le dater de 1844, année où la firme obtint la Médaille d'Or à l'exposition de Paris l'une des plus prestigieuses récompenses du temps. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 11 Le musée Fabre rouvre ses portes… © Montpellier Agglomération Un important projet de médiation culturelle 11.1 Un réseau multimédia performant Axe important du projet scientifique et culturel, le musée a développé tout au long de ces années un important programme multimédia unique dans le contexte des musées des Beaux-Arts français. Ce programme confié à la société Ever-Ezéda prend la forme d’une gigantesque base de données entièrement performante et évolutive qui propose aussi bien une préparation à la visite, en approfondissant des connaissances des collections, illustrée et animée, l’actualité du musée, une Cabinet d’interprétation approche de l’art de manière ludique et éducative, des activités artistiques, un dialogue publics/musée… Pour se faire, la totalité des collections toutes techniques confondues ont pu être numérisées. Ce programme est proposé à différents points stratégiques du musée, à l’entrée mais aussi tout au long du parcours des collections dans des petits salons d’interprétations spécialement conçus par les architectures, intimes et recouverts de bois exotique. Ce programme servira d’outil scientifique et de recherche dans le centre de documentation situé immédiatement à l’entrée du musée et pourra être ainsi connecté avec les bibliothèques locales, tout autant que vers les autres bibliothèques de toutes les institutions culturelles déjà informatisées. La galerie multimédia Avant de pénétrer dans les salles du musée, une série d’ordinateurs en libre accès, groupés dans la galerie multimédia, permet à chacun de préparer sa visite, en toute autonomie. À la fin du parcours, elle offre au visiteur la possibilité de compléter sa découverte du musée, en ayant virtuellement accès aux oeuvres conservées en réserve, et de répondre à ses éventuelles questions. Des salons de consultation offrent les mêmes données au fil du parcours. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 11 Le musée Fabre rouvre ses portes… ©Montpellier Agglomération 11.2 Visites guidées et ateliers Un programme permet au visiteur individuel de découvrir les collections en plusieurs étapes, d’abord à partir de parcours généraux, « Découvrir le musée », et puis par des approches plus détaillées, « Mieux connaître les collections ». Elle peuvent être suivies par des ateliers conçus comme une application pratique destinée à former le regard et à stimuler les capacités créatives de chacun en permet tant de c ompr endr e les ma tériaux, pr a tiquer les t echniques ou expérimenter des styles. Les ateliers sont hébergés dans une salle de 300 m2 qui s’articule en trois sous-espaces. L’un d’eux est dédié aux arts plastiques tandis que le deuxième aborde les arts numériques. Une salle d’exposition offre, de plus, la possibilité de présenter les projets et travaux réalisés dans les deux ateliers. Les séances s’adressent à l’adulte individuel ou en groupe, à l’enfant hors temps scolaire, à l’enseignant avec une classe... Des événements offrent par ailleurs un regard original sur le musée et ses collections : parcours musicaux, en lien avec le conservatoire, visites dansées en partenariat avec Montpellier Danse, journées spécial famille, nocturnes étudiants, performances… Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 12 Le musée Fabre rouvre ses portes… Le musée, c’est aussi… Principalement axé sur l’accueil au public et aux nouvelles technologies, le musée est équipé d’un centre de documentation, d’une salle de consultation des arts graphiques, d’un auditorium, d’une librairie-boutique Sauramps et d’un café-restaurant. Ces services disposeront d’un accès direct permettant aux visiteurs de les fréquenter de façon totalement autonome. Un centre de documentation Le Centre de documentation Jean Claparède est ouvert à tous et sur rendez-vous pour les enseignants, chercheurs, étudiants et personnes habilitées. Deux postes informatiques, 10 places de travail et un coin lecture sont à disposition des visiteurs dans un espace aux meubles en bois sombre, reprenant les lignes contemporaines du mobilier que l’on retrouve dans l’ensemble du musée. 6000 livres et revues, des thèses et des catalogues de vente constituent le riche fonds documentaire du centre de documentation. Il a été réuni par accroissements successifs autour des oeuvres, des expositions et des publications du musée. Ces ouvrages sont complémentaires aux dossiers d’oeuvres et d’artistes, accessibles, sur demande, en salle de consultation interne. Horaires d’ouverture : Ouvert à tous les mercredis de 14h à 18h ; sur rendez- vous pour les enseignants, chercheurs, étudiants et personnes habilitées les mardis, jeudis et vendredis de 14h à 17h. Une salle de consultation des arts graphiques Le cabinet des arts graphiques du musée Fabre est considéré comme l'un des plus riches de France. Son fonds, qui compte plus de 1000 estampes et 4000 dessins, est montré cycliquement dans les trois cabinets d’arts graphiques qui rythment le parcours du musée. Les feuilles sont également consultables pour les chercheurs sur rendez-vous dans la salle de consultation au troisième étage du musée. Un auditorium Doté de 120 places, l’auditorium offre une programmation en lien avec l’actualité artistique nationale et internationale ainsi qu’avec des événements relatifs aux collections et aux expositions temporaires. C’est un lieu de rencontres où se croisent conférences, débats, cours, musique, cinéma… Il est équipé d’une boucle magnétique pour les personnes appareillées. L’auditorium et l’ensemble de son équipement peuvent être loués par des entreprises ou des associations souhaitant proposer à leurs partenaires, clients ou personnel un événement mêlant une démarche institutionnelle et une ouverture vers le monde des arts plastiques. Il est également le nouveau lieu utilisé par la librairie Sauramps pour organiser des rencontres avec des écrivains et autres auteurs de livres. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 12 Le musée Fabre rouvre ses portes… La librairie-boutique Sauramps Parce que les mots et les images sont indissociables, parce que le peintre et l'écrivain sont un même virtuose, la librairie Sauramps et le musée Fabre s'unissent pour perpétuer le lien entre la littérature et la peinture, au bénéfice de la culture. La librairie-boutique propose une offre de livres riche et variée et une sélection originale de produits dérivés exclusivement déclinés à partir des collections du musée. Horaires d'ouverture : les mardis, jeudis, vendredis de 10h à 19h, les mercredis de 11h à 22h, et les samedis de 11h à 19h et dimanche de 10h à 18h. Tél. : 04 67 63 91 46 - mèl : saurampsaumusee@sauramps.fr Un restaurant Jacques et Laurent Pourcel s’installent au musée Fabre sous l’enseigne Insensé. Insensé, pour un lieu original entre terrasse et patio, entièrement voué au plaisir des sens, dans un décor sobre alliant matériaux nobles et design, à la recherche de la simplicité, du beau et du bon. Les frères Pourcel proposent deux façons de se restaurer : - un restaurant de cuisine française, inspirée de leur terroir méditerranéen, donnant la part belle aux produits de qualité, avec une formule carte, un menu carte et des plats du jour, mais aussi la possibilité d’organiser cocktails et repas privatifs. - une restauration Nomade avec la formule Sens, qui décline soupes, salades, sandwichs et pâtisseries tout au long de la journée. Ouverture prévue courant avril 2007. Horaires d’ouverture : Ouvert tous les autres jours au déjeuner, et les jeudis, vendredis et samedis pour dîner. Nocturne jusqu’à 21h le mercredi. Fermé le lundi. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 13 Le musée Fabre rouvre ses portes… Un musée accessible à tous Le droit à l’accessibilité pour tous est une priorité. Tous les équipements sportifs et culturels de Montpellier Agglomération sont équipés d’accès pour les personnes en situation de handicap. Dès l’origine du projet d’agrandissement du musée Fabre, Montpellier Agglomération a placé l’ouverture à tous les publics au coeur de sa réflexion. Un plan d’accessibilité pour tous a été défini entre Montpellier Agglomération, les services des publics et les partenaires locaux spécialisés dans le handicap. Cette concertation a ainsi permis de définir les différents types de handicap, moteur, auditif, visuel et mental, afin de faciliter et optimiser l’installation de différents équipements permettant l’accès pour tous au musée. Un plan d’accessibilité performant Grâce au projet architectural engagé, la totalité du bâtiment (salle d’exposition temporaire et collections permanentes, le centre de documentation, la librairie-boutique, le restaurant, l’auditorium et les espaces ateliers), est accessible aux personnes à mobilité réduite (fauteuil roulant, déambulateurs, cannes). Trois ascenseurs dessert la salle d’exposition temporaire et les différents niveaux des collections permanentes. Le personnel d’accueil se tient à la disposition de tout visiteur qui souhaite être renseigné, aidé ou accompagné dans sa visite. La billetterie, située dans le hall d’accueil, est accessible de plain-pied par l’esplanade Charles de Gaulle. Les personnes en situation de handicap disposent d’un accès prioritaire aux caisses. Les vestiaires et sanitaires sont accessibles de plain-pied. Les collections permanentes sont accessibles par trois ascenseurs (numérotés de 1 à 3 dans le guide). La succession des étages est soulignée par un lettrage particulier (de A à G). Enfin, dans les salles, une signalétique adaptée permet de suivre un parcours chronologique cohérent à travers les salles et différents niveaux. La salle d’exposition temporaire, dont la programmation est saisonnière, est accessible de plain-pied depuis le hall. L’auditorium est équipé d’une rampe en pente douce. Il est pourvu de 4 emplacements pour les fauteuils roulants qu’il est conseillé de réserver par téléphone. Les ateliers, le centre de documentation, la librairie-boutique et le restaurant, sont accessibles par des cheminements adaptés. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 13 Le musée Fabre rouvre ses portes… Des dispositifs particuliers suivant les différentes situations de handicap sont mis en place : • handicap moteur Des fauteuils roulants (deux largeurs d’assise au choix) sont prêtés sur simple demande à l’accueil. • handicap visuel Au centre ville, dans les espaces urbains, un itinéraire de guidage adapté (cheminement podotactile et bornes auditives) permet d’accéder à l’entrée du musée depuis deux itinéraires : l’arrêt de la station de tramway Corum et l’Office de Tourisme place de la Comédie. Pour les groupes, un plan relief permet au public en situation de handicap visuel de s’orienter. Il présente le plan des trois principaux bâtiments qui constituent le musée ainsi que le détail des espaces accessibles depuis le hall d’accueil. Le parcours comporte plusieurs zones de légère pénombre. La conservation des oeuvres graphiques, sur papier impose une luminosité maximale de 50 lux. Les chiens guides d’accompagnement ont accès au musée. • handicap auditif Des audio-guides adaptés au système de boucle magnétique sont mis à votre disposition ainsi que les ordinateurs de la galerie multimédia. Des boucles à induction magnétique sont disposées dans de nombreux espaces du musée. Elles permettent aux personnes équipées de prothèses auditives de mieux percevoir les sons, en particulier à la billetterie, à l’accueil et dans les salles des collections permanentes et la salle d’exposition temporaire. • handicap mental La plupart des visites guidées ou des ateliers de pratique artistique sont accessibles aux personnes en situation de handicap mental. Des visites chorégraphiées, musicales ou contées, favorisant les sens et les perceptions, leur sont recommandées. Certains ateliers de pratique artistique permettent d’appréhender de façon ludique les matières et techniques, favorisant la lecture des oeuvres des collections permanentes. Il est préférable de se renseigner auprès du service des publics ou à l’accueil du musée. Les différents partenaires • Le Centre Communal d’Action Sociale - Ville de Montpellier • L’Association des Paralysés de France • L’Union des Aveugles et Handicapés de la Vue de Montpellier et de sa Région • L’Association Générale des Sourds de Montpellier et de sa Région • Surdi 34 Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 14 Le musée Fabre rouvre ses portes… Expositions temporaires du musée Fabre 2007-2009 Exposition Inaugurale La couleur toujours recommencée, hommage à Jean Fournier marchand d’art, 4 février-6 mais 2007 Le musée Fabre a décidé de consacrer son exposition inaugurale, présentée dans un nouvel espace de 1 000 m2 désormais intégré au parcours du musée, au découvreur de talents et galeriste d’exception récemment disparu, Jean Fournier. Organisée en six sections reflétant l’activité de la Galerie Jean Fournier au cours de six décennies, elle réunit une centaine d’oeuvres majeures provenant de la collection de la Galerie et de collections privées ou publiques prestigieuses, dues à une vingtaine des artistes en faveur desquels Jean Fournier s’est le plus engagé. L’Impressionnisme vu d’Amérique, Musée Fabre – Musée de Grenoble Partenariat FRAME 2007 - 2 juin 2007 / 9 septembre 2007 Les collections des peintres français avant-gardistes au XIXe siècle dans les musées du FRAME américains : une superbe sélection de 50 peintures ainsi que des dessins et gravures, réalisés par les peintres impressionnistes : Monet, Pissarro, Renoir, Degas, Caillebotte... Projet Rugby – Septembre / octobre 2007 Dans le cadre de la Coupe du Monde de Rugby, organisée par la France à l’automne 2007, le Musée Fabre se propose de mettre en évidence le lien entre ce sport et l’art moderne à travers une exposition confrontant l’oeuvre de deux artistes issus du cubisme, André Lhote et Robert Delaunay. Rétrospective François-Xavier FABRE (1766 – 1837), peintre, collectionneur et fondateur du musée Fabre 6 octobre 2007 / 20 janvier 2008 Le musée Fabre souhaite rendre hommage à François-Xavier Fabre, peintre-collectionneur, à l’origine de la création du musée en 1828 et de son rayonnement national puis international. Cette rétrospective réunira environ 75 oeuvres de l’artiste. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 14 Le musée Fabre rouvre ses portes… La vidéo, un art, une histoire, 1965-2005 16 février / 11 mai 2008 En partenariat avec le musée national d’art moderne – Centre Pompidou - 2008 Cette exposition retrace à partir des 1500 oeuvres du fonds du Centre Pompidou, une histoire de ce nouveau media. Les plus grands artistes du genre sont représentés (Nam June Paik, Bill Viola, Gary Hill, Douglas Gordon, Martial Raysse, Pierre Huygue, Mathieu Laurette..). Montpellier accueillera la seule étape française de cette exposition internationale après Barcelone, Taipei, Sydney et Melbourne. Rétrospective Gustave Courbet - 13 juin / 28 septembre 2008 La dernière rétrospective consacrée à l’artiste remonte à 1977 au Grand Palais, le moment était donc venu de lui rendre hommage : le musée Fabre s’est associé au Musée d’Orsay, à la Réunion des musées nationaux et au Metropolitan Museum of Art de New York pour organiser cette exposition d’envergure internationale. Rétrospective Jean Raoux (1677 – 1734) 1 er novembre 2008 / 1er janvier 2009 Cette exposition, consacrée au fameux peintre de la Régence Jean Raoux, s’inscrit dans la politique de célébration des grands artistes originaires de Montpellier. Peintre de scène de genre à la manière hollandaise et portraitiste réputé, Raoux fut un des artistes les plus en vogue de son temps. Van Gogh/Gauguin : une visite au musée Fabre - 2008 Le 16 décembre 1888, Gauguin et Van Gogh viennent admirer la collection Bruyas au musée Fabre. Grâce aux prêts de grandes institutions européennes, le musée Fabre revient sur cet épisode célèbre, dans une exposition qui met en perspective la collection Bruyas et les chefs-d’oeuvre de Van Gogh et Gauguin. Rétrospective Alexandre Cabanel - 2009 Avec une soixantaine d’oeuvres (tableaux, dessins et esquisses) de Cabanel, le musée Fabre possède le fonds le plus important au monde. Avec le Musée d’Orsay et le County museum of Art de Los Angeles, le musée Fabre propose cette rétrospective des plus célèbres tableaux de l’artiste. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 15 Le musée Fabre rouvre ses portes… Un peu d’histoire Parmi les musées français, le musée Fabre puise son originalité dans la qualité de ses collections offertes par quelques collectionneurs avisés, issus de la région et fiers de contribuer à créer, en dehors de Paris, un musée exemplaire. 15.1 La genèse d’un musée d’exception Au siècle des Lumières, la ville de Montpellier connaît une vie intellectuelle intense au travers d’institutions prestigieuses comme l’Université de Médecine et la Société royale des Sciences. Transformée par d’importants travaux d’urbanisme, elle est, avec Toulouse, la capitale de la province du Languedoc. Une élite éclairée s’attache à y promouvoir les arts : la Société des Beaux-Arts, instituée début 1779, obtient la reconnaissance du pouvoir royal et se fixe deux objectifs : le développement de l’enseignement artistique (des cours de dessin gratuits sont dispensés) et la promotion des arts par le biais d’expositions, dont l’organisation est confiée à Abraham Fontanel, homme de goût respecté, proche d’artistes comme Greuze ou Houdon. Minée par des rivalités internes, la Société sera dissoute en 1787. Sous la Révolution, un Museum se constitue grâce aux toiles héritées de la Société des Arts (Bacchus et Ariane, François de Troy, deux Marines de Vernet, des plâtres notamment de la collection Joubert…), et à l’afflux de tableaux saisis dans les églises et couvents. Si Montpellier fut oublié du fameux décret Chaptal instituant les quinze premiers musées de département, en 1801, l’année suivante, la ville est dotée par arrêté consulaire d’un envoi d’une trentaine de tableaux avec une belle série de morceaux de réception à l’Académie royale de peintures et de sculptures allant de 1665 à 1759 (Monnoyer, Coypel, Dandré, Bardon, Trémolières…) et quelques tableaux d’histoire comme Palma le Jeune (Massacre des habitants d’Hippone), Bourdon, Raoux (Vestale portant le feu sacré), Vien et Coypel (La Mort de Didon). Ainsi, se constitue sous l’Empire un modeste musée municipal, que les restitutions de la Restauration viendront bientôt amputer. L’action d’un enfant du pays passé par les Écoles de la Société des Beaux-Arts, François-Xavier Fabre, le dotera d’une collection remarquable au point de lui donner son nom. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 15 Le musée Fabre rouvre ses portes… 15.2 Trois grands donateurs montpelliérains François-Xavier Fabre (1766-1837) François-Xavier Fabre, Autoportrait âgé, 1835 Huile sur toile, 72x59 cm © Frédéric Jaulmes François-Xavier Fabre (1766-1837) est passé à la postérité grâce à la donation faite à Montpellier de son extraordinaire collection de peinture. Par le retentissement de son geste, sa personnalité de collectionneur a paradoxalement éclipsé son oeuvre de peintre. D’origine modeste Fabre reçoit une éducation classique soignée et fréquente les Écoles de la Société des Beaux-Arts de Montpellier. En 1783 il quitte Montpellier pour Paris et entre dans l’atelier de David, où il côtoie Wicar, Drouais ou Girodet. Peintre de talent, il remporte le Grand Prix de Rome en 1787 (Nabuchodonosor fait tuer les enfants des Sédécias sous les yeux de leur père), mais les événements politiques vont bouleverser sa carrière prometteuse : début 1793, Fabre fuit Rome pour Naples, puis gagne Florence, plus propice aux arts. Son ascension en Toscane est rapide grâce à sa rencontre avec le poète Vittorio Alfieri et son égérie, et devient rapidement le portraitiste attitré d’une société brillante et cosmopolite. Après 1798, une fois le succès venu, il se livre à sa passion de collectionneur et d’expert. En 1824, il hérite de la comtesse, et décide d’offrir sa collection à sa ville natale sous certaines conditions, dont l’obligation de construire un musée pour abriter ses richesses et le souhait d’en disposer sa vie durant. Un musée est installé dans l’hôtel de Massilian partiellement remanié sous son regard exigeant. Il élabore la façade du musée selon un modèle toscan et va jusqu’à fournir les dessins de la rampe d’escalier, des chambranles et des corniches des plafonds. La galerie des peintures est ornée d’une frise de grands griffons, une patte posée sur un candélabre, tels les gardiens des trésors accumulés au fil du temps. Le musée est officiellement inauguré le 3 décembre 1828, et Fabre y demeure jusqu’à sa mort en 1837. Dans l’ensemble les goûts du donateur, assez traditionnels, vont aux écoles d’Italie, de la Renaissance au XVIIe siècle (Raphaël, Guerchin…), aux Français du XVIIe (Poussin) et à ses contemporains marqués comme lui par l’esthétique davidienne (Girodet…), tout en s’intéressant aux paysagistes italianisants. A ce panorama viennent s’ajouter ses propres oeuvres couvrant tous les genres depuis l’histoire, le portrait et le paysage. L’un de ses chefs-d’oeuvre est sans doute le portrait qu’il a peint de son ami Canova, le représentant entouré des oeuvres auxquelles il travaille alors, dont on notera la vivacité de l’expression Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 15 Le musée Fabre rouvre ses portes… et le brio de la touche picturale. Eminent paysagiste lui-même, Fabre a constitué un ensemble unique d’oeuvres réalisées pour la plupart en Italie par ses contemporains, qui, emblématique du renouveau du paysage, constitue l’une des grandes richesses de sa collection, avec des peintres allemands comme Hackert (Le Parc de l’Ariccia) ou français, tel que Boguet (Paysage avec Hercule). Conscient des lacunes de sa collection, Fabre poursuit ses achats : ainsi plusieurs tableaux nordiques font leur entrée au musée (Rubens, Hondius, Bloemer …). A sa mort, la donation de 1825 fut complétée par un legs comprenant une centaine de tableaux et autant de dessins encadrés ainsi qu’une somme de trente mille francs destinée à construire une galerie nouvelle au musée dans un délais de deux ans. Antoine Valedau (1777-1836) ©F. Jaulmes Le geste généreux de Fabre créa une émulation parmi les amateurs et collectionneurs ; parmi ceux- ci un montpelliérain d’origine, Antoine Valedau, fournisseur aux armées de la République puis agent de change aisé vers le début de l’Empire. Dans sa résidence parisienne, il installe ses inestimables collections qui montrent un goût varié. Certes les écoles du nord prédominent avec le rassemblement de tableaux rares : Teniers, Rubens, Steen, Potter, Mieris, Metsu, Dou, Ruisdaël... On trouve aussi plusieurs tableaux français (La Halte de bohémiens de Bourdon), l’ensemble des Greuze de belle qualité (Le Gâteau des rois, la Prière du matin et Le Petit paresseux), plusieurs exemples d’oeuvres de contemporains comme Girodet, Prudhon ou Taunay, des tableaux des écoles étrangères (Les Ruines antiques de Pannini, et le Petit Samuel de Reynolds, un des premiers exemples de peinture anglaise dans une collection française). L’amateur appréciait aussi, ainsi que le prouvent ses albums de dessins, les petits maîtres néoclassiques et préromantiques : Ciceri, Deveria, Granet, Isabey, Bonington, Fielding ou Géricault et aimait s’entourer de beaux objets d’art, vases grecs, coupes, figurines de marbre, bronzes antiques ou florentins. Très complémentaires de celles de Fabre, ses collections vont constituer une aubaine pour le jeune musée de Montpellier. Selon les propres termes du testament olographe du 11 février 1836, Valedau offrait ses collections désirant ainsi pouvoir s’associer « aux vues bienfaisantes et généreuses du Fondateur de ce musée dans ma ville natale ». A la mort de Fabre en 1837, la collection Valedau est installée dans les anciens appartements du directeur rendus au musée. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 15 Le musée Fabre rouvre ses portes… Alfred Bruyas (1821-1877) Alfred Bruyas, issu d’une famille de banquier, va faire entrer le musée dans l’ère moderne. Jusqu’alors, les goûts relativement traditionnels de Fabre et de son successeur le marquis de Nattes (directeur à vie du musée), la rigueur du règlement, l’exiguïté des locaux, n’avaient pas permis au musée de s’ouvrir à l’art de son époque. La vie culturelle locale se résumait, comme ailleurs en France, aux activités de la Société des Amis des arts, qui s’efforçait de soutenir l’art contemporain en organisant des expositions où se mêlaient artistes locaux et artistes parisiens. Élève du peintre Charles Matet à l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier, Alfred Bruyas prend très vite conscience des limites de son talent et décide de mettre sa fortune au service de ses ambitions artistiques. En 1846, il visite l’Italie et fréquente à Rome le milieu de la Villa Médicis et son compatriote Alexandre Cabanel, prix de Rome en 1845. Il passe commande à son ami du fameux triptyque - Albaydé ; Un penseur, jeune moine romain ; La Chiaruccia. A son retour d’Italie, Bruyas s’installe à Paris, où il partage son temps entre les musées, le Salon, les boutiques des marchands et les ateliers des artistes. Il donne libre court à sa frénésie d’achat d’artistes vivants : Corot, Diaz, Millet, Rousseau, Troyon, Fromentin… et surtout s’empare coup sur coup de chefs-d’oeuvre de Delacroix. Au Salon de 1853, il rencontre Gustave Courbet, le chef de file des réalistes, et achète Les Baigneuses qui viennent de provoquer un scandale par leur naturalisme agressif. Bruyas regagne le midi vers la fin de l’été et invite l’artiste à le rejoindre ; Courbet arrive en Languedoc en mai 1854 et y demeure jusqu’en septembre. Il travaille alors exclusivement pour Bruyas et réalise plusieurs chefs-d’oeuvre comme La Rencontre, véritable icône de la modernité du XIXe siècle ; Bord de mer à Palavas ; l’Autoportrait au col rayé qui sera repris l’année suivante, dans l’Atelier du musée d’Orsay. A partir de 1856, Bruyas, gravement malade et blessé par un article publié dans La Revue des Deux-Mondes par Champfleury, ridiculisant sa personnalité et sa collection, prend désormais ses distances et renonce à soutenir les tendances les plus avant-gardistes de la peinture de son temps. Après la mort de son père en 1863, il songe de plus en plus à imiter ses compatriotes, Fabre et Valedau, en offrant ses prestigieuses collections au musée de sa ville. Le conseil municipal accepte la donation le 27 octobre 1868, et Bruyas, nommé conservateur à vie, contrôle l’installation de sa collection dans trois salles du musée. Il s’emploie alors à combler certaines lacunes en demeurant fidèle à Delacroix et en s’ouvrant à certaines figures historiques du XIXe siècle (Gros, David, Géricault, Delaroche, Ingres). Enfin, en 1872 Bruyas offre à la ville sa bibliothèque, avant de mourir le 1er janvier 1877. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 15 Le musée Fabre rouvre ses portes… 15.3 L’association « Les amis du musée Fabre » L'association des Amis du musée Fabre (AMF) a pour objectif le rayonnement du musée et, plus largement, la promotion des arts plastiques dans leur diversité. A ce titre, elle joue un rôle actif au profit du musée tout en se comportant en véritable partenaire du dynamisme culturel de Montpellier et de sa région. Elle a l'ambition d'être un interlocuteur reconnu des pouvoirs publics. L'association est membre de la Fédération Française des Sociétés d'Amis de Musées. L’association participe à l’enrichissement des collections du musée Fabre par des dons d’oeuvres ou la participation à des achats. Ses activités s'adressent à tous ceux, familiers ou non des arts plastiques, qui souhaitent consolider et élargir leurs connaissances dans ce domaine. Il s’agit de visites organisées des collections et des expositions temporaires du musée Fabre, de cycles d’entretiens et de conférences sur les arts, de visites de musées en France et à l’étranger, de l’édition d’une revue d’art La Rencontre, d’expositions d’art contemporain, de visites d’ateliers de peintres et de l’animation d’un « café des arts ». Toutes ces activités sont assurées par des bénévoles, membres de l'association, issus de formations différentes. Par la participation effective à ces animations, les adhérents se comportent en acteurs de la vie artistique et en citoyens soucieux des politiques culturelles. 34000 Montpellier Les Amis du musée Fabre 2 bis rue Montpellieret Site Internet : www.amf-asso.com Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 16 Le musée Fabre rouvre ses portes… Le musée Fabre en pratique musée Fabre 39, boulevard Bonne Nouvelle, 34000 Montpellier Tél. : +33 (0)4 67 14 83 00 - Fax : +33 (0)4 67 66 09 20 www.montpellier-agglo.com - musee.fabre@montpellier-agglo.com L’équipe scientifique Michel Hilaire, conservateur en chef, directeur du Musée Fabre, Olivier Zéder, conservateur en chef, Sylvain Amic, conservateur, Jérôme Farigoule, attaché de conservation. Horaires Le mardi, jeudi et vendredi et dimanche de 10h à 18h, le mercredi de 13h à 21h, le samedi de 11h à 18h. Fermé tous les lundis, le 1er janvier, le 1er mai, le 11 novembre et le 25 décembre. Accessibilité complète aux personnes en situation de handicap. Prix d’entrée Plein tarif : 6 euros Tarif pass’agglo : 5 euros Tarif réduit : 4 euros Visite guidée pour les groupes (maximum 25 personnes) Publication : Guide du musée Fabre Edité par la Réunion des musées nationaux 232 pages, 217 oeuvres commentées, 230 illustrations en couleurs 15,5 x 23 cm, broché, prix public 15 euros Ouvrage collectif : Sylvain Amic, Jérôme Farigoule, Olivier Zéder, sous la direction de Michel Hilaire. Exposition inaugurale La couleur toujours recommencée, hommage à Jean Fournier marchand d’art Mêmes horaires que le musée. Plein tarif : 7 euros Tarif pass’agglo : 6 euros Tarif réduit : 5 euros (avec accès aux collections). Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 16 Le musée Fabre rouvre ses portes… Les plans Espaces hors douane Boutique Rue Montpellieret Boulevard Bonne Nouvelle Cour Vien Centre de documentation Galerie multimédia La Portée Hall d’accueil Librairie Auditorium Restaurant Espace médiation Consigne Légendesdesplans Retour Accueil Traduction anglais Ascenseur Lift Accès fauteuil roulant Traduction anglais Vestiaires Traduction anglais Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 www.montpellier-agglo.comLe musée Fabre rouvre ses portes… Dossier de presse - Samedi 3 février 200752Le musée Fabre rouvre ses portes… 1619Accès direct à cette séquence des collections par l’atrium Richieret l’escalier Béroud. 9VERONESE SALVIATIKEMPENEER COUSIN ALLORI CARDI ZAMPIERI POUSSIN BOURDON RIBERA LA HYREVOUET COPPOLASTELLA BLANCHARD MONNOYER BARBIERI BERNINIDOLCI ZURBARAN RAOUX VEYRIER RANC RAOUX TROYRESTOUT COYPEL DANDRE-BARDON NATOIRE SUBLEYRASPeinture et sculpture européenne du XVesiècle au milieu du XVIIIesiècle18Accès direct à cette séquence des collections par l’atrium Richier(niveau –1). RUBENSTENIERSBREUGHELSEGHERSWOUWERMANDOUPOTTERRUISDAELBORCHMETSUMIERISOSTADESTEENHONDIUSHUYSUMWIJNANTSMARSEUS VAN SCHRIECKASSELIJNWIJCKBERCHEMDUJARDINSWANEVEL, BLOEMENJODEBEMMELROMANEECUYPNEEFFSVEERENDAELRYCKAERTPeinture flamande et hollandaiseNiveau 1Niveau -1Metsu « Jeune homme écrivant une lettre » Seghers « La Vierge et l’Enfant Jésus avec Saint Léopold, empereur d’Autriche, en orant une guirlande de fleurs » Zurbaran « Sainte Agathe » Allori « Vénus et l’Alour » www.montpellier-agglo.comLe musée Fabre rouvre ses portes… Dossier de presse - Samedi 3 février 200753Le musée Fabre rouvre ses portes… 1636Accès direct à cette séquence des collections par l’ascenseur 1 (1erétage). 29TASSAERTGRANETMILLETHILLEMACHERMONVOISINREMONDPREAULT GEROME DIAZ DE LA PEÑA BARYE GLAIZE PRADIER DAVID VERDIER DORE ROUSSEAU COROTDUTILLEUX LAURENS SIGALON DELACROIX FROMENTIN BONINGTON GERICAULT GERARD INGRESFLANDRIN MICHEL CABANELGEROMERomantisme et classicisme 2028Accès direct à cette séquence des collections par l’atrium Richier, l’escalier Béroud et la salle des Colonnes. SUBLEYRAS PANNINI VERNET GREUZE REYNOLDS AVED VIEN PAJOUSUVEE HOUDON DAVID HALLE FABRE VIEN CANOVA VINCENT HACKERTMICHALLON VOOGD DEMARNE PRUD'HON GIRODET de ROUCY-TRIOSONVIGEE-LEBRUNSWEBACHDENISGAUFFIERHALLEMENGSROBERT5Peinture et scuplture néoclassique Niveau 1Niveau 1 Greuze « Le petit paresseux » Fabre « Portrait du sculpteur Antonio Canova » Delacroix « Exercices militaires des marocains » Glaize « Intérieur du Cabinet de Bruyas » 16 Le musée Fabre rouvre ses portes… Niveau 2 47463745La modernité, de 1850 à 1914 et La collection Soulages l'après-guerre, entre figuration et abstraction Niveau 2 COURBET DESBOUTIN CHABAUD MORISOT BAZILLE MONET SISLEY FANTIN-LATOUR CASTELNAU DEGAS CARPEAUX MANET VALADON UTRILLO DONGEN LHOTE DUCHAMP DELAUNAY MAILLOL VLAMINCK UTRILLO DUFY BISSIERE STAËL VIEIRA DA SILVA POLIAKOFF HUGO BOURDELLE RICHIER Courbet « Le bord de mer à Palavas » (1er Accès direct à cette séquence des collections par l’ascenseur 1 étage), les salles 31 et 35, et l’escalier Giral. (2e Accès direct à cette séquence des collections par l’ascenseur 1 étage), salles sur la gauche. Morisot « Jeune femme assise devant la fenêtre » ou « L’été » Soulag Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 16 Le musée Fabre rouvre ses portes… Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 17 Les financeurs Le rôle de l’Etat dans la rénovation du musée Fabre Le musée Fabre est l’un des premiers à avoir obtenu l'appellation « musée de France » (le 6 janvier 2002). Sa rénovation constitue l’une des principales opérations territoriales soutenues par l’Etat dans le domaine des musées. Elle a fait l’objet d’une convention entre l’Etat et la Ville de Montpellier, fixant l’investissement de l’Etat / Ministère de la culture de la communication à 15,5 M€ sur un total de 62,7 M€. L’Etat par ses différentes directions (Direction Régionale de Languedoc-Roussillon et Direction des musées de France) apporte aussi un soutien technique et scientifique à ce projet. Le projet du musée inclut une campagne de restauration, d’un montant total de 3 M€, dont une participation de l’Etat de plus d' 1 M€. Cette rénovation du musée permet de construire un nouvelle politique en matière de public. L'Agglomération de Montpellier s'est ainsi dotée d'un véritable service des publics qui renouvelle en permanence l'attrait du musée et attire le public le plus large, comme le stipule la loi du janvier 2002, relative aux musées de France. Outre une politique d'exposition rendue désormais possible à l'intérieur du musée, la création d'un auditorium, d'un espace multimédia, de salles de repos et d'un centre de documentation renforcera l'attrait du musée et la pérennisation de sa fréquentation. Les services du ministère de la culture et de la communication – la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) du Languedoc-Roussillon et la direction des musées de France (DMF) ont accompagné depuis plusieurs années la rénovation du musée Fabre. Au sein de la DMF, l’inspection générale des musées (IGM) a suivi la mise en oeuvre du projet scientifique et culturel et le déroulement du chantier avec la DRAC et le département de l’architecture et de la muséographie. Le CICRP de Marseille est intervenu dans la restauration des collections et la mise en place de la conservation préventive. Des fouilles archéologiques, confiées à l’INRAP, ont été réalisées en application du titre II de la loi du 27 septembre 1941, sous le contrôle scientifique de l’Etat (Ministère de la culture et de la communication, DRAC du Languedoc-Roussillon, Service Régional de l’Archéologie (SRA). Il s’est agi de réaliser des fouilles des niveaux archéologiques médiévaux et modernes des cours Bazille, Bourdon et Cabanel. Les fouilles ont mis au jour un nombre important de structures s’échelonnant du XIIIe au XVIIIe siècle, en particulier des vestiges d’habitat dans la cour Bourdon. La période de fermeture a aussi été l'occasion pour le musée de faire circuler une partie de ses collections à travers le monde, à Canberra, à Richmond, Williamstown, Dallas ou San Francisco, à Bilbao et Madrid, à Lausanne, ou au Japon. Le musée Fabre compte parmi les musées d'envergure internationale. A ce titre, il peut revendiquer un rôle fondamental, au coeur de la région, pour la diffusion la plus étendue des arts et de la culture. La création de salles d'expositions permanentes et temporaires permettra de renforcer les relations existant déjà avec nombre de musées français et, sur le plan international, de poursuivre le véritable partenariat instauré notamment grâce au réseau FRAME (French Regional and American Museums Exchange), qui permet notamment l'organisation très prochainement d'une exposition consacrée aux chefs d'oeuvre impressionnistes conservés aux Etats- Unis dans les musées FRAME. La rétrospective Courbet, coorganisée avec le musée d'Orsay, la Réunion des musée nationaux et le Metropolitan Museum of Arts de New-York, qui sera présentée à Montpellier à l'été 2008, souligne bien que le musée Fabre a pris place au sein de la famille des grands musées. Le musée Fabre rouvre ses portes… www.montpellier-agglo.com Dossier de presse - Samedi 3 février 2007 17 Les financeurs La Région Languedoc-Roussillon s’investit dans la rénovation du Musée Fabre Principal musée d’art de Montpellier, le musée Fabre bénéficie depuis 2003 d’une rénovation et d’une extension. La Région Languedoc-Roussillon a mobilisé 2,8 millions d’euros auprès de Montpellier Agglomération pour participer activement à la mise en valeur de ce musée ouvert au public depuis 1828. Par cette action, elle contribue à la mission première du musée qui est de rendre la culture accessible à tous. Elle favorise également la diffusion de l’art contemporain sur le territoire avec la salle consacrée aux oeuvres de l’artiste Pierre Soulages, Héraultais d’adoption. La Région est totalement engagée dans une politique volontariste en faveur des grands musées régionaux. Son adhésion à l’Etablissement public de coopération culturelle (EPCC) – Musée d’art moderne de Céret en est la preuve. Elle marque l